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Fadel Barro, Coordonnateur de la PPLAAF veut plus d’impact dans le traitement des alertes par les médias locaux



Fadel Barro, Coordonnateur de la PPLAAF veut plus d’impact dans le traitement des alertes par les médias locaux
Le Coordonnateur de la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF), Fadel Barro, a appelé vendredi à Mbour, 80km de l’Est de Dakar, à valoriser le travail des journalistes d’investigation, à l’issue d’un atelier avec la presse qui a duré quatre (4) jours.

« La Plateforme de protection des lanceurs d'alerte (Plaaf) protège les lanceurs d'alerte, mais aussi vulgarise le lancement d'alerte. Une fois qu'une alerte est lancée, parfois il arrive que ça soit portée par des journalistes. Et on a vu que beaucoup de nos alertes ont été traitées par la presse occidentale. Quand l'alerte est traitée par la presse africaine, elle ne prend pas l'ampleur que ça doit prendre. Alors, le Plaaf a estimé qu'il faut renforcer et outiller la presse en investigation. Il faut pouvoir s'appuyer sur des journalistes bien outillés dans des organes de presse crédibles pour que, une fois que l'alerte est lancée, qu'elle soit portée et qu'elle ait le même impact que si c'est porté par un autre journaliste »,  a expliqué à PressAfrik, M. Barro.

C'est dans ce cadre qu’ils cherchent à renforcer à travers cet atelier, un groupe de journalistes d'investigation, mais dans la durée, a-t-il poursuivi. Ajoutant que l'idée ce n'est pas de faire une (seule) formation. « On a un petit groupe de six (6) journalistes sur lesquels on s'appuie, espérant que ça va s'agrandir. Faire une formation et qu'il n'y ait pas de suivi, cela n'a pas d'intérêt. On veut créer d'autres mécanismes de rencontres, de débats et surtout, valoriser le travail des journalistes. Les idées sont là, les ateliers de la presse sont ouverts et c'est un long chantier qui nous attend ».

Définissant le lanceur d'alerte, il estime que ce n'est pas forcément un homme politique, un activiste, un blogueur. Pour lui, le lanceur d’alerte, c'est un citoyen lambda, qui dans le cadre de son travail, car il exerce un métier qui le place à un certain niveau d'informations, se rend compte que l'intérêt général est en train d'être menacé. Ou les actes qui sont posés sont de nature à nuire à la volonté et à l'intérêt du plus grand nombre.

Ou bien, a ajouté M. Barro, « il découvre qu'il travaille dans une société alimentaire où le produit qui est proposé, les compositions chimiques sont en train d'empoissonner la communauté. À partir de ce moment, le lanceur d'alerte s'autosaisit et décide d'informer sa hiérarchie. S'il n'y a pas de réactions, il peut aller saisir les institutions spécialisées comme l'Ofnac ou la GIABA. S'il n'a pas eu gain de cause, il peut aller voir le Procurer de la république ou aussi saisir les journalistes pour alerter le public sur le danger qui les menace. »

La définition de l’alerte
À partir de ce moment, « la plateforme l'accueille, l'organise, soit dans l'anonymat, soit s'il veut le porter en public, on l'encadre et le protège. Car ces personnes qui sont des lanceurs d'alerte sont souvent emprisonnées, chassées de leur travail, ou sont piétinées et agressées, dans l'indifférence ». C'est pourquoi, selon lui, la Pplaaf estime qu'il faut les protéger.

Sur ce point, le « protecteur » des lanceurs d’alerte se veut clair. « L'alerte n'est pas simplement, je suis frustré dans mon travail, ou on m'a limogé je suis fâché, non ! Est considérée comme alerte, dès lors qu'il y a toute une structure, une machine ou une organisation criminelle qui s'est installée pour des raisons cupides ou de pouvoir, nuisant à l'intérêt général. C'est ça qui nous intéresse. Souvent c'est des données assez importantes. Et la, il faut un travail d'investigation, car la Pplaaf vérifie avec les journalistes avec lesquels elle travail pour assurer l'impartialité », a-t-il défini.

Pour une meilleure protection des lanceurs d’alerte, la Pplaaf travaille à encourager l'avènement des lois qui les protègent, « car souvent ça n'existe pas. Ou bien s'il y a des mécanismes qui existent aujourd'hui, ils sont insuffisants. Et la Pplaaf travaille avec les États pour essayer de voir comment améliorer la législation, car Pplaaf, c'est l'initiative d'un avocat. Au Sénégal, il nous faut aller vers la protection des lanceurs d'alerte, comme aussi des lois très claires sur l'accès à l'information », a conclu M. Barro.


Salif SAKHANOKHO

Vendredi 18 Septembre 2020 - 17:31



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