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Grève de 72 heures des transporteurs : la Gare routière des Baux Maraîchers presque à l’arrêt



 La Gare routière des Baux Maraîchers (GRBM), principale gare interurbaine de Dakar, située à Pikine (banlieue dakaroise) en face du Marché central au poisson de Pikine, est habituellement un lieu très animé. Inaugurée en 2014, elle accueille chaque jour des centaines de voyageurs se rendant vers les différentes régions du Sénégal et vers plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine. Mais en ce 30 mars 2026, la gare est plutôt calme.  Quatorze syndicats, dont le Syndicat autonome des chauffeurs de taxis urbains et activités connexes du Sénégal et l’Association de Financement des professionnels du Transport Urbain (AFTU) ont décrété 72 heures de grèves pour dénoncer leurs conditions de travail.
 
Selon Baba Thiam, président des chauffeurs de la gare, le mot d’ordre de grève est largement respecté. « C’est vraiment dommage. Cette gare dont beaucoup de chauffeurs et clients prenaient le départ a été déserté par ces derniers. Tous les chauffeurs sont rentrés chez eux. Ce sont seulement les apprentis et les voitures qui sont là. Pour dire vrai, le mot d’ordre est bien respecté », a-t-il expliqué.
 
 
Il précise que le secteur compte quinze syndicats, mais que quatorze d’entre eux se sont regroupés au sein d’une fédération pour déclencher ce mouvement. Baba Thiam a toutefois déploré l’attitude du syndicaliste Gora Hott, qui n’a pas rejoint la grève.
 
« Je l’ai entendu parler dans un audio qui est largement partagé dans nos groupes WhatsApp, mais ses propos ne sont pas dignes d’un syndicaliste. C’est comme un grand frère pour moi, mais il aurait dû s’exprimer autrement », a-t-il regretté.
 
Réaction du ministre des Transports
Du côté des autorités, la réaction ne s’est pas fait attendre. À la veille de la grève, le ministre des Transports, Yankhoba Diémé, a annoncé sur sa page Facebook que les bus de l’État seraient mobilisés afin d’assurer la mobilité des populations pendant ces 72 heures.
 
Cependant, Baba Thiam estime que les régions de l’intérieur du pays seront les plus touchées par cette situation.
 
« Le Sénégal ne s’arrête pas seulement à Dakar. Même si le ministre assure la mobilité pour les Dakarois pendant ses 72 heures de grève, il ne peut pas le faire dans toutes les régions du Sénégal, car les régions dépendent fortement du transport interurbain privé », a-t-il martelé.
 
« Nos conditions de travail sont très difficiles et avec les « sampous »
 
Il a aussi ajouté que les chauffeurs sont prêts à dialoguer si et seulement si, le ministre convoque les personnes concernées notamment les 14 syndicaux.
 
Par ailleurs, les transporteurs dénoncent les nombreuses amendes infligées par les forces de l’ordre, qu’ils jugent souvent abusives ou assimilables à du racket.
 
« Nos conditions de travail sont très difficiles et avec les « sampous » (amendes) qu’on fait à chaque fois que les policiers nous arrêtent, ne nous aident pas beaucoup », s’est plaint Wally Dioum, chauffeur de bus Dakar-Touba.
 
Thiaw, superviseur de la gare, estime pour sa part que cette grève n’arrange ni les chauffeurs ni l’Etat. « Les autorités croient qu’ils sont intouchables alors que c’est nous qui les avons portés au pouvoir (…) Ils n’ont qu’à inviter les principaux concernés pour négocier sinon, il n’y’aura pas d’issu », a-t-il avancé. Selon lui, les « accidents routiers ne sont pas causés par les voitures » mais plutôt par les « chauffeurs, car leurs conditions de travail sont difficiles ».
 

Fatime Gueye

Lundi 30 Mars 2026 - 17:48


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