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Cameroun: une adolescente opérée avec succès d'une tumeur géante au cerveau

Prouesse médicale au Cameroun à l'hôpital régional de Garoua : le 20 février 2026, l'équipe du neurochirurgien Ignatius Essene, avec le docteur Nathalie Ghomsi, a retiré avec succès une dangereuse tumeur au cerveau de plus de deux kilos, à une patiente de 16 ans. La jeune fille est en convalescence et pourra bientôt rejoindre les bancs de son lycée. L'intervention est impressionnante, mais le médecin y voit surtout un cas symptomatique d'un parcours de soins encore insuffisant dans le pays.



Dans une petite localité du département du Mayo-Rey, dans la région du Nord du Cameroun, Monique ne comprend pas ce qui lui arrive quand une grosseur se forme sur sa tête. « Cela a commencé à menacer seulement comme un bouton. Et puis, ça a commencé à grandir », se souvient-elle. Des douleurs, de plus en plus sévères, la handicapent pendant des mois, avant sa prise en charge par l'équipe du docteur Ignatius Esene et du docteur Nathalie Ghomsi.
 
« Elle est arrivée chez nous très tardivement. Le problème durait depuis plus d'un an. La tumeur s'était développée. Sa famille a d'abord consulté une infirmière dans un hôpital rural, qui les a redirigés vers nous. Mais il a fallu attendre des semaines car la famille manquait d'argent pour le déplacement. À leur arrivée à l'hôpital, nous avons organisé une collecte, car la famille n'avait pas d'assurance maladie. Le directeur de l'hôpital, le responsable des services sociaux et d'autres donateurs ont contribué pour qu'on puisse opérer », explique le docteur Ignatius Esene.
 
Appel à développer les soins en neurochirurgie pour sauver davantage de vies
Il a fallu plus de six heures pour retirer la tumeur et transfuser la patiente à quatre reprises. Une prise en charge précoce aurait permis une intervention moins invasive. « Nous avons très peu de neurochirurgiens, une trentaine seulement dans le pays. Nous avons de bons hôpitaux de référence, mais les outils de diagnostic manquent. Nous avons seulement deux IRM et sept scanners pour tout le septentrion. Et pour les patients, il faut faire de longues distances pour les atteindre », continue le neurochirurgien.
 
Le docteur Ignatius Esene appelle les pouvoirs publics à développer les soins en neurochirurgie et à étendre la Couverture santé universelle (CSU) pour augmenter les chances de survie des patients comme Monique, qui va reprendre le chemin de l'école, mais rester sous surveillance médicale.
 
L’incidence mondiale des tumeurs cérébrales est de 20 à 30 cas pour 100 000 habitants par an, ce qui représente plus de 300 000 nouveaux cas par an, dans le monde.
 


Lundi 30 Mars 2026 - 16:21


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