Depuis trois ans, le corridor maritime ukrainien résistait à la guerre. Mais les dernières frappes russes ont changé la donne. Les armateurs ne veulent plus prendre de risque, explique Andrey Sizov, expert des marchés céréaliers.
« Le plus gros problème aujourd’hui, ce n’est pas les terminaux endommagés. C’est que les propriétaires de navires refusent d’envoyer de nouveaux bateaux car c'est devenu trop dangereux. Résultat : 100 % de la capacité du port d’Odessa est aujourd’hui à l’arrêt ».
Depuis plusieurs semaines, les frappes russes sur les ports ukrainiens et les navires marchands se multiplient. Selon l’expert, cette escalade est aussi une réponse aux attaques ukrainiennes contre des navires russes en mer d’Azov.
Les cargaisons redirigées vers le Danube ou Constanța
Avant cette nouvelle crise, 80 à 90 % des exportations agricoles ukrainiennes transitaient par Odessa. Kiev tente de rediriger ses cargaisons vers le Danube ou le port roumain de Constanța. Mais ces routes sont moins efficaces.
« Le Danube ne peut accueillir que de petits navires. Et avec la canicule, le niveau de l’eau est très bas, ce qui limite encore davantage les capacités de transport ».
Conséquence, le prix des céréales exportées par l’Ukraine augmente fortement, ce qui impacte les cours mondiaux du blé au plus haut niveau depuis deux ans.
L'Ukraine a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU le 27 juillet, pour exiger de Moscou de mettre fin à ses atteintes à la liberté de navigation en mer Noire.
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