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#InsideUSA - Pourquoi la juge conservatrice Amy Coney Barrett divise l'Amérique

A l'approche des Présidentielles américaines, PressAfrik ouvre une nouvelle page sous le Hashtag #InsideUSA. Elle sera animée par un de nos stagiaires, basé aux Etats-Unis, dans l'Etat de Minnesota. Jake Marble, pour ne pas le nommer, est étudiant en 4 ème année d’Etudes Internationales à l’Université de Minnesota. Cette dernière est une université d’arts libéraux qui fait partie des 20 meilleures universités des États Unis. Elle est en même temps une université Land–Grant avec une grande tradition d’éducation et de service public et une institution majeure de recherche avec des chercheurs de renommée nationale et internationale. En plus des américains de différent background, venant de toute la nation, des étudiants et chercheurs internationaux représentant plus de 100 pays sont présents dans l’ensemble de ses campus.

Agé de 21 ans, Jake est un passionné de journalisme. Ses deux parents sont journalistes. Pendant les trois prochains mois, il va braquer un projecteur de votre journal en ligne sur les élections, la situation de la pandémie de Covid-19, l'environnement, le climat, la malbouffe et bien d'autres sujets décalés à même de vous familiariser avec le peuple américain.

Pour commencer, Jake Marble a produit un petit reportage sur la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême par Donald Trump, après le décès de la légendaire Ruth Bader Ginsburg. Véritable microcosme sociopolitique des Etats-Unis, le Minnesota et sa population seront le baromètre de #InsideUSA



#InsideUSA - Pourquoi la juge conservatrice Amy Coney Barrett divise l'Amérique
32éme membre de l’Union des États-Unis,  Minnesota est un endroit qui aime flirter avec les extrêmes. Du point de vue climatique, les hivers sont d’une froideur légendaire. Tandis que durant l’été, le thermomètre affole les sommets. Du point du vue social, l’Etat de Minnesota est également frappé par un contraste saisissant. Les gratte-ciels poussent comme des champignons dans les principaux centres villes alors qu’en milieu rural, le beau paysage n'offre pas de grande variation. 

Cette architecture géographique se prolonge dans une sorte de polarisation de sa population. Un véritable microcosme du climat sociopolitique des Etats-Unis. Les divisions sociales, entre les croyances, les valeurs, et les pratiques sont pointues, et elles semblent être devenues plus profondes ces dernières années. Dans les zones rurales, le conservatisme est répandu; les populations sont plus âgées, moins diverses, et elles maintiennent pour la plupart des valeurs traditionnelles religieuses, économiques, et sociales. Mais dans les zones urbaines, le libéralisme domine, avec une démographique plus jeune, plus diverse, et qui développe des valeurs bien plus progressives. 

Une conservatrice convaincue
Deux semaines après la mort de Ruth Bader Ginsburg, présidente de la Cour suprême pendant 27 ans (elle y a été nommée par le Président Bill Clinton en 1993), l’actuel chef de la Maison Blanche, Donald Trump, n’a pas perdu de temps pour la remplacer. Le samedi le 26 septembre, il a porté son choix sur Amy Coney Barrett, 48 ans. Une championne de longue date de la pensée et de la pratique conservatrice. Née dans une famille catholique qui participait activement dans la communauté religieuse de la Nouvelle-Orléans, Barrett semble refléter la fibre morale d’un nombre considérable de ses compatriots américains. Sa carrière juridique, comme avocat, comme professeur à l’Université de Notre Dame, et bien sûr comme juge ont conforté ses forts liens aux valeurs traditionnellement conservatrices: les pro-vies (défendant le droit à la vie en opposition au droit à l'avortement et l'euthanasie...), le conservatisme fiscal, les valeurs familiales (Barrett a sept enfants), la centralité de la religion et autres…

Le pouvoir de la Cour suprême est immense aux États-Unis, avec un rôle non seulement dans le domaine juridique, mais dans le domaine politique. En accord ou pas avec son pouvoir, la réalité est claire pour les Américains: une victoire pour votre parti politique dans le plus haut tribunal du pays est une victoire générationnelle. Les présidents vont et viennent, mais la justice tient son poste pour la vie. Et cette troisième nomination à la Cour faite par Donald Trump pendant son mandat n’est pas comme les autres. Les élections sont proches, d’une part, mais la siège prisée de Ginsburg peut aussi déplacer l’inclinaison de la Cour décidément vers la côté conservateur.

Une nomination et des questions d'ordre politico-religieuses
Étant donné ce poids, les réactions des résidents locaux sont très variées, ainsi que très fortes. “L’hypocrisie de la situation me rend absolument fou,” dit Judith Landsman, 75, de Madison, capitale du Wisconsin. Elle, comme beaucoup d’autres, exprime sa frustration avec le volte-face des Républicains du Congrès, qui ont refusé de recevoir la nomination à la Cour de Merrick Garland en 2016 mais qui traitent maintenant la candidature de Barrett d’une manière différente.
Il y a quatre ans [les Républicains] ont adopté la position de c’est une année d’élection et on ne peut pas nommer et désigner un juge à la Cour suprême pendant une telle année. Je pense qu’il est horriblement hypocrite de la part de Mitch McConnell [chef de la majorité au Sénat] et les sénateurs républicains de pousser la nomination à ce point.” dit-elle.

Luke Paschka, 22, étudiant en Droit à Minneapolis (la plus grande ville du Minnesota), ressent une colère similaire à celle de Judith: “C’est un précédent dangereux de choisir un nouveau juge tellement tard dans le cycle d’élection. Les juges, mais surtout les juges de la Cour suprême, ne devraient pas avoir une affiliation politique… il faut concentrer les débats sur le langage du droit, pas sur les idées politiques”, déplore-t-il.
Par contre, il y a plein d’autres qui sont à l’aise avec les procédures. “Barrett est un candidat parfait pour la nomination républicaine,” exprime Jennifer (elle a préféré caché son nom de famille). Selon la résidente de Bloomington, une banlieue près de Minneapolis, “Cette vacance était prévue pour longtemps et tous les deux partis la rempliraient avec leur candidat idéal. En 2016, si le Sénat était contrôlé par les Démocrates ils auraient certainement mis en place le candidat [pour la Cour suprême] d’Obama”, rappelle-t-elle.
Avant d’ajouter : “Il n’y a rien dans la Constitution qui dit qu’un président arrête d’être président pendant l’année finale de son mandat.” 

Sur l’aspect compétence, les populations de Minnesota sont également divisées. “Barrett, a l’air d’être très qualifiée. Elle a une bonne formation juridique, et elle serait parfaitement qualifiée si ça c’est votre seule crainte” indique Judith. Luke n’est pas assez sûr: “Barrett est jeune, et elle n’était que professeur de Droit jusqu’à 2017 (l’année où elle a reçu un poste sur la Cour d’appel à Chicago). Je crois qu’elle n’est pas qualifiée actuellement.”

Selon plusieurs médias, les audiences congressionnelles pour Barrett sont prévues pour la semaine du 12 octobre.  Mais pour le moment, les extrêmes sont aussi actifs que jamais ici au Minnesota et dans le pays entier on peut voir comment les décisions politiques qui entourent la nominations d'Amy Coney Barrett à la Cour suprême restent tout aussi volatiles.

Jake MARBLE (Stagiaire et correspondant depuis Minnesota)

Vendredi 9 Octobre 2020 - 16:15



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