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#InsideUSA - Zoom sur l'électorat de l'Etat de Minnesota après le premier débat présidentiel Trump-Biden



#InsideUSA - Zoom sur l'électorat de l'Etat de Minnesota après le premier débat présidentiel Trump-Biden
Le premier débat présidentiel entre Donald Trump et Joe Biden s’est déroulé mardi le 29 septembre à Cleveland, deuxième plus grande ville de l'Ohio, un état du Midwest. À cinq semaines des élections du 03 novembre, les deux candidats se sont affrontés pour plus de 90 minutes sur une gamme de sujets d'intérêts, tels que la Cour suprême, le coronavirus, le changement climatique, le racisme systémique, et la crise économique, parmi d’autres. Mais le thème central de cette fameuse nuit était sans doute l'absence d'accord sur tout, entre le président actuel et l’ancien vice-président.

Dans l'Etat du Minnesota, le public et les électeurs, en attente du deuxième débat, sont toujours sous le choc des échanges trop virulents des deux candidats. Mais avant qu’on analyse l’impact du premier face-à-face entre Trump et Biden, il faut d'abord avoir une certaine compréhension de l’électorat de cette partie du pays.

L’électorat du Minnesota
Un petit quiz avant d'entrer dans le sujet ? Nommez l’état américain qui ne votait pas pour un président républicain depuis Richard Nixon en 1972. La Californie ?  New York ? Un autre état libéral qui pourrait garantir une telle durée de votation démocrate ? Non ! En fait, c’est le Minnesota.

Oui, c’est vrai. "l’Etat de l’étoile du nord" situé juste en dessous de la frontière canadienne, et entouré par des états historiquement conservateurs, est un centre de longue date des politiques “bleues” -- ou des politiques libérales. Même avant l’élection de Nixon, le Minnesota n’a voté que deux fois pour les présidents Républicains de 1932 à 1972. Ainsi, son électorat “affiche un des plus hauts taux de participation du pays,  ” avec une population très active dans le processus politique.

A noter que l'Etat de Minnesota présente des caractéristiques plus ou moins curieuses. Sa composition sociale et politique est en réalité bien plus similaire aux Etats moyens (et même sur la droite) qu’aux Etats ancrés dans l'idéologie de Gauche. La plupart du Minnesota n’est pas comme ses grandes villes cosmopolites de Minneapolis et St. Paul. De la même manière d’autres états du Midwest. Dès qu’on se déplace dans ses banlieues et dans sa campagne, les populations deviennent de plus en plus conservatrices. Les différences entre les zones démographiques sont très visibles. Certains chercheurs divisent l’Etat en plusieurs régions, selon les caractéristiques de leurs populations. Les cinq régions communes (y compris les “Villes Jumelles” de Minneapolis et St. Paul, les banlieues de ces villes), le nord-est, l’ouest, et le sud-est de l’Etat, ont tous voté pour Donald Trump en 2016. C’est une division pointue entre l’électorat urbain et l’électorat rural, qui indique peut-être l’effet continu de la polarisation sur les politiques du Minnesota et ailleurs.

Comme la plupart du pays, la polarisation augmentait de plus en plus récemment,” décrit Dr. Nate Hagens, directeur en chef de l’organisation à but non lucratif ‘Institute for the Study of Energy & Our Future.’ “L'extrême gauche et l'extrême droite deviennent plus fortes et plus affirmées.” Et c’était ce type d’excès qui a été projeté sur les écrans des millions d’Américains mardi le 29 septembre.

Un Etat frustré et déçu par les prestation des candidats
"Je l’ai trouvé très difficile à regarder". Elsa Bardwell, 21ans, étudiante d’ingénierie à l’Université de Minnesota, n’est pas la seule à avoir été déçue du premier débat présidentiel. Le Dr. Hagens  "Je me suis forcé de regarder le débat, comme tous les citoyens devaient faire, mais j’étais fâché et je n’étais pas à l’aise pendant toute sa duration".

Comparé aux autres débats présidentiels des années précédentes, c'est un air de frustration se dégage de l'avis général. "J’étais déçu principalement avec la manque de substance", se plaint Steph Serbu, 21, étudiant en Science politique à l’Université de Minnesota, très énervé par le comportement des candidats. Un point sur lequel les autres habitants de l'Etat sont en phase. "C’était extrêmement frustrant d’observer Trump continue à interrompre Biden et dit beaucoup de
mensonges",
 déplore Elsa.

Le Dr. Hagens revient à la charge pour déplorer cet esprit de compétition qui tue l'objectivité des électeurs. Pour lui, le premier débat entre Trump et Biden peut être assimilé à un microcosme des plus grands problèmes sociétaux de l'Amérique. "On est dans un nouvel Etat où les politiques reflètent les sports: chacun soutient de plus en plus fortement son équipe", regrette-t-il.
"En lieu et place de ce qui aurait dû être un moment important de démocratie en Amérique, il y avait une moquerie", conclut Steph.

Un impact sur les indécis en faveur de Biden
Les électeurs du Minnesota semblent être d’accord que le premier débat présidentiel n'a changement dans les résultats du 3 novembre n’est pas probable. "Trump et Biden se sont comportés exactement comme attendus par l'opinion dans ce débat. Donc je crois que le débat a juste renforcé les décisions des gens" argumente Elsa.

Le Dr. Hagens va plus loin en affirmant que l'avantage était du côté démocrate:  "Je crois qu’il reste très peu d’électeurs indécis, mais depuis, le débat les chances ont augmenté pour une victoire de Biden et des victoires démocrates dans le Sénat et la Chambre des représentants."

Selon Steph, cette confrontation de Trump et Biden est un appel à la participation élevée des populations au scrutin du 03 novembre. "Il faut mettre plus d’effort dans la votation et la sélection des représentants qui reflètent vraiment ce qu’on voudrait voir pour ce pays et pour l’avenir de la démocratie".

A noter que jeudi 15 octobre, les deux candidats se sont affrontés, sans interactions, depuis deux villes et deux médias différents, pour cause de Covid-19. Si Joe Biden est apparu posé et calme, Trump était nerveux, en colère.

Jake MARBLE (Stagiaire et Correspondant depuis Minnesota)

Vendredi 16 Octobre 2020 - 19:15



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