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JEUNES, BELLES ET… CADRES : Le temps de la plus-value féminine

Elles sont belles à nous faire tomber en pâmoison. Elles ont bénéficié le plus souvent d'une formation très pointue dans leur spécialité. Elles sont chefs d'entreprise ou, en tout cas, cadres et en imposent par leur bagout et leur thactche. Mais elles inspirent, le plus souvent, la frousse aux hommes. Enquête dans l'univers de ces sexy ladies qui ont plus que de belles jambes à faire prévaloir.



JEUNES, BELLES ET… CADRES : Le temps de la plus-value féminine

Aminata est une sublime jeune femme au corps sculptural et à la tête pleine de bonnes idées. Après un master en Business and Administration à l'Université de Laval du Québec, elle rentre au Sénégal en 2003 avec des projets à remplir le plus profond des attaché-case. Trois ans au Sénégal, cinq boulots différents qui durent le temps de l'hivernage sahélien et, in fine, une bonne résolution : ne plus travailler que pour son propre compte. En discutant avec elle, on en arrive à croire que cette belle liane regrette presque d'être si bien pourvue par dame nature. « Il n'y a rien de plus frustrant de constater que chez la plupart de ses interlocuteurs, le physique passe avant l'aptitude professionnelle. A la limite, j'ai eu souvent l'impression que nombre de gens avec qui j'ai travaillé me demandent d'être belle. Simplement. Le reste compte pour du beurre. On ne fait pas autant d'années d'études dans des conditions souvent très difficiles pour se retrouver ravalé au rang de fille de joie. » 

 

Le parcours d'Aminata est presque caricatural. Ses anciens patrons ont à peine jeté un regard dans le CV qu'elle leur a promptement envoyé. « L'un d'eux n'a vu dans mon CV que la photo d'identité épinglée dans le dossier. Ça lui suffisait amplement. Mais après quelques mois de boulots, je n'ai pu supporter ses invitations toujours renouvelées à « prendre un pot ». J'ai préféré aller voir ailleurs ». 

 

Combien sont-elles, ces « Aminata » qui traînent leur beauté comme un fardeau dans le monde de l'entreprise ? Allez savoir. Mais une chose, en revanche, est sûre. Elles sont de plus en plus nombreuses à postuler aux postes de direction dans les entreprises. Et le mouvement dépasse le cadre étriqué du Sénégal. Le monde économique réalise depuis quelques années qu'il ne peut se passer de la moitié des intelligences. La femme, cadre de préférence, est désormais une plus-value très recherchée dans l'entreprise. Elles trônent désormais fièrement dans des postes stratégiques au sein des banques, des assurances, des BTP, des télécommunications, etc. Mieux, elles n'hésitent plus à monter elles-mêmes leurs propres PME et emploient des dizaines de personnes, hommes et femmes. 

Aujourd'hui, les offres d'emploi portent, presque toujours, la mention « les candidatures féminines sont fortement encouragées ». Dans certains domaines d'activité comme le marketing et le commercial, les femmes sont souvent privilégiées. « Elles ont un meilleur relationnel, plus d'aptitudes en organisation-planification et en gestion du temps », croit savoir cette jeune femme cadre qui travaille dans une grande entreprise de télécommunications de la place. 

 

Et pourtant, Le salaire moyen d'une femme ne représente que 76% de celui d'un homme, mêmes si elles sont réputées être de meilleurs chefs. Plusieurs études montrent à suffisance que les entreprises dont les directions sont plus féminisées sont aussi les plus performantes. Mais elles devront encore faire avec la résistance des costumes-cravates qui règnent sans partage dans la fonction publique, les directions de sociétés nationales, les conseils d'administration, les entreprises en fortes ressources humaines, etc. Il suffit de regarder la configuration des structures patronales comme le CNES et le CNP pour s'en convaincre : les femmes patronnes ne courent pas les rues. 

Etre femme et cadre, une contradiction ? Une image selon laquelle les femmes assistent, exécutent, présentent et les hommes conçoivent, fabriquent et dirigent illustre une situation plus que commune et conduit hommes et femmes à construire leur parcours professionnel selon cette logique. Toutefois, cette représentation collective de la femme au travail ne paraît pas être partagée par les femmes cadres qui pensent «que les femmes valent les hommes». Par un parcours professionnel contraire à la définition collective de la femme au travail, la femme cadre est parvenue à modifier la représentation de son propre sexe. Mais « les réseaux masculins fonctionnent à plein régime. Une femme c'est bien, mais comme assistante d'un homme pas forcément mieux qualifié », confie Awa, ex-Dg adjointe dans une PME de conditionnement du poisson destiné à l'exportation.

 

Les entreprises ont-elles vraiment le choix ? Pourront-elles continuer à ignorer, dans cette « guerre des talents », la percée des femmes, en privilégiant toujours et toujours les mâles ? Déjà, les générations qui arrivent sur le marché du travail, biberonnées à la mixité depuis le jardin d'enfants, tiquent à peine quand le boss porte une jupe. Mais la route jusqu'aux conseils d'administration et aux lieux de pouvoir est encore longue. 

Source : leral.net



Dimanche 22 Janvier 2012 - 20:05



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