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L'impasse en Crimée par RFI

La situation reste confuse en Crimée. La prise de contrôle des points stratégiques par les forces russes se poursuit. L'état-major russe a démenti ce lundi soir avoir lancé un ultimatum aux forces ukrainiennes de Crimée pour qu'elles se rendent.



Soldats supposés russes près de Simferopol, en Crimée, le 3 mars 2014. REUTERS/David Mdzinarishvili
Soldats supposés russes près de Simferopol, en Crimée, le 3 mars 2014. REUTERS/David Mdzinarishvili
Est-ce une occupation ou une invasion ? Y a-t-il de la résistance ou une débandade ? Des affrontements ou des négociations ? La situation semble plus confuse que jamais dans la péninsule de Crimée. Entre les annonces contradictoires, il semble néanmoins évident que les troupes russes progressent dans leur prise de contrôle des points stratégiques de la région. Au moins trois bureaux des gardes-frontières ukrainiens sont tombés aux mains des forces russes, de même que plusieurs installations militaires de différentes sortes. Les tensions sont particulièrement fortes à l'est de la péninsule, aux abords du détroit de Kerch. Là, un petit bras de mer d'à peine 2 km sépare la côte de Crimée de la côte russe. L'endroit est donc d'une importance vitale pour l'armée russe, dans l'éventualité d'une invasion terrestre prochaine. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a signé un décret pour construire à grande vitesse un pont au-dessus du détroit, une décision qu'il n'a pas discuté avec son homologue ukrainien. Les perspectives d'une invasion à grande échelle restent incertaines, mais il est déjà bien clair que le territoire de la Crimée ne fait plus tout à fait partie de l'Ukraine, Etat souverain. LA RUMEUR DE L'ULTIMATUM L'information a commencé à circuler lundi dans la journée, affirmant selon une source proche du ministère ukrainien de la Défense, rapportée par l'agence Interfax, que le commandant de la Flotte de la mer Noire, le vice-amiral Alexandre Vitko, avait sommé les forces ukrainiennes présentes en Crimée de déposer les armes avant 03h00 GMT mardi. De quoi provoquer une avalanche de spéculations… Elle a été démentie par le représentant de l’état-major de la Flotte russe de la mer Noire, cité par l’agence Interfax et par un porte-parole du ministère russe de la Défense, cité pour sa part dans la version en ligne du journal russe Vedomosti, rapporte notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio. Intense activité diplomatique La réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, convoqué à la demande de la Russie, a de nouveau tourné au dialogue de sourds entre Moscou et les Occidentaux lundi soir. L'ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a justifié l'intervention de Moscou par une demande du président déchu Viktor Ianoukovitch à Vladimir Poutine « pour défendre la population ukrainienne ». Jean Asselborn, le chef de la diplomatie luxembourgeoise qui préside le Conseil de sécurité de l'ONU s'est exprimé à Bruxelles à l'issue de la réunion des 28 ministres des Affaires étrangères. Il craint un scénario à la Géorgienne. En 2008, les Russes avaient également demandé la convocation du Conseil de sécurité. « Le lendemain, ils avaient envahi l'Ossétie du Sud et l'Abkhasie », s'inquiète Jean Asselborn. Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de suspendre les pourparlers avec la Russie sur les questions relatives aux visas. La Russie est du « mauvais côté de l'histoire » en Ukraine, a estimé ce lundi Barack Obama qui a dénoncé une violation par Moscou du droit international et de la souveraineté de Kiev. Le gouvernement américain examine une série de sanctions économiques et diplomatiques visant à isoler Moscou, qui a été prévenu, a ajouté le président des Etats-Unis, qui s'adressait à la presse à l'issue d'un entretien à la Maison Blanche avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Barack Obama a invité son homologue Vladimir Poutine à accepter l'envoi d'observateurs internationaux pour parvenir à un accord acceptable pour tous les Ukrainiens. L'Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE) cherche à mettre sur pied un groupe de contact international pour tenter de régler la crise. La chancelière allemande Angela Merkel aurait convaincu Vladimir Poutine d'accepter cette idée. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé les Occidentaux à laisser de côté leurs « calculs géopolitiques » et à penser avant tout au peuple ukrainien. Il a estimé que toutes les parties devraient s'en tenir à l'accord du 21 février signé par Viktor Ianoukovitch et les représentants de ce qui était alors l'opposition ukrainienne. Ce texte, négocié par la troïka franco-germano-polonaise de l'Union européenne, prévoyait la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, la tenue d'une élection présidentielle anticipée et une réforme de la Constitution rééquilibrant les pouvoirs entre la présidence et le Parlement. Source : Rfi.fr


Mardi 4 Mars 2014 - 01:37