Quand la Chine est accusée de ne s'intéresser à l'Afrique que pour ses minerais et ses terres arables, le Rwanda est souvent présenté comme le contre-exemple. C'est pourtant en investissant dans le secteur agricole que Pékin a mis un pied dans le pays en 1971. Mais aussi, déjà, dans la construction d'infrastructures.
Cet intérêt chinois pour le Rwanda ne s'est jamais démenti depuis lors. La République populaire de Chine n'a jamais rompu ses liens avec l'Etat rwandais, y compris pendant le génocide. A l'époque, Pékin avait d'ailleurs été accusé d'avoir livré les machettes utilisées dans les tueries.
Aujourd'hui, au Rwanda, les investissements et constructions de la Chine sont visibles partout. Des ministères aux hôpitaux, mais aussi des usines de textile, de ciment... Pékin reste le principal fournisseur de biens au Rwanda, c'était encore vrai au premier trimestre 2018, ce qui a pu rendre l'économie rwandaise dépendante des variations de la monnaie chinoise.
En revanche, le Rwanda n'exporte que peu vers la Chine. Si en 2014, la Chine représentait 20% des importations au Rwanda, elle ne représentait que moins de 5% des exportations rwandaises. Mais selon un rapport de la Banque mondiale (2016), ces chiffres restent sujets à caution.
L'organisation de Bretton Woods avait constaté qu'à l'époque, Kigali déclarait avoir exporté 8 millions de dollars de biens en Chine, mais que sur la même période, la Chine affichait un montant plus de dix fois supérieur pour ses importations rwandaises : près de 92 millions. Essentiellement du coltan et du tungstène, les principaux minerais d'exportation du Rwanda, notait ce rapport.
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