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La Libye s'enfonce dans une nouvelle crise politique et militaire



Depuis jeudi dernier, et l'offensive de l'armée de Khalifa Haftar contre la capitale Tripoli, la Libye s'enfonce dans une nouvelle crise politique et militaire. Acteurs, opérations en cours, enjeux internationaux, BFMTV.com explore les différents volets de ce conflit complexe. 

En huit ans, soit depuis le début de la contestation du régime de Khadafi renversé peu après, la Libye n'a connu que guerres civiles et veillées d'armes. Les événements en cours semblent ramener à nouveau le pays vers un conflit fratricide ouvert. Ce lundi, l'issue en apparaît toujours incertaine, et les enjeux complexes et enchevêtrés. Voici, en quelques points, les tenants et les aboutissants de cette crise intérieure aux échos internationaux. 

Les forces en présence 
Deux Libye se font face. A l'ouest du pays, on trouve le gouvernement, qui n'a d'"unité nationale" que le nom. Cet exécutif, installé dans la capitale, Tripoli, est dirigé par Fayez el-Sarraj. Soutenu par l'essentiel de la communauté internationale, notamment l'organigramme des Nations unies, il n'a pas ses forces en lui-même. Il est en effet très dépendant de l'attitude à son égard des milices qui gravitent dans la région.

Il est confronté à l'est, dans la Cyrénaïque, au régime représenté par la Chambre des représentants, sise à Tobrouk. Mais ce pouvoir, tenu officiellement par Aguila Salah Issa, président de la Chambre, est surtout adossé à la puissance de Khalifa Haftar, que Tobrouk a promu maréchal. Cet homme de 75 ans commande sa propre armée, l'"Armée nationale libyenne". 

Offensive, contre-offensive: les opérations militaires en cours
Jeudi dernier, cette armée nationale libyenne a lancé, sur l'ordre de son chef, une offensive vers Tripoli. Les combats entre loyalistes et rebelles se concentrent dans la banlieue sud de Tripoli, notamment l'ancien aéroport international désaffecté de la ville. Et la partie n'est pas seulement terrestre. Depuis ce week-end, elle se double aussi d'un duel aérien. Ce dimanche, les troupes de Khalifa Haftar ont annoncé avoir mené leur premier raid aérien sur les faubourgs de Tripoli. Cette déclaration est intervenue au lendemain des premières frappes gouvernementales.

Acculé, l'exécutif tripolitain plaque cependant son va-tout. Dimanche, son porte-parole a ainsi signifié le lancement d'une contre-offensive, dénommée "Volcan de colère". Elle est censée contrecarrer bien sûr les plans de Khalifa Haftar et déloger son armée de toutes ses positions en Libye. Tripoli est secondé dans ses desseins par le concours des groupes paramilitaires de Misrata, à 200 km à l'est de la capitale, mais aussi de ceux des villes de Zentan et Zawiya. 

Sur CNN, le journaliste Nick Patton Walsh a décrit la tentative de Khalifa Haftar comme "l’un des mouvements militaires les plus décisifs depuis la fin de la guerre civile de 2011". Selon un dernier bilan diffusé ce lundi matin, l'offensive du maréchal a, pour l'heure, fait 32 morts et 50 blessés en quatre jours.

Qui soutient qui? Le jeu d'équilibriste des acteurs internationaux 
Khalifa Haftar a déclenché son offensive alors même que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, planchait sur un accord de paix dans les murs de Tripoli. Il faut dire que les institutions pilotées par Fayez el-Sarraj sont soutenues par les Nations unies et l'essentiel de la communauté internationale. Antonio Guterres a quitté Tripoli vendredi soir. Deux jours plus tard, l'armée américaine signalait qu'elle évacuait temporairement ses quelques troupes présentes dans le pays devant la tournure "de plus en plus complexe et imprévisible des réalités sécuritaires sur le terrain", selon les termes d'un responsable cité ici par le Washington Post. 

En face, Khalifa Haftar ne manque pas non plus de soutien. Dimanche, la résolution visant à appeler à la cessation de l'avancée de ses hommes, présentée devant le Conseil de sécurité de l'ONU, a été bloquée par la Russie. A dire vrai, la Russie craint également les développements de cette situation explosive mais souhaite que la communauté internationale adresse ses coups de semonce à l'ensemble des belligérants et non au seul Haftar. 

Ce dernier se tient sur d'autres appuis encore. Il dispose ainsi du soutien de l'Egypte et des Emirats, ainsi que de l'Arabie saoudite. Il a été reçu par la dynastie Saoud à Riyad dans les derniers jours de mars, immédiatement avant de mettre en branle la bataille pour Tripoli, comme l'a relevé notamment le Guardian. 

Qui est Khalifa Haftar? 
Homme fort de l'est du pays, dont il contrôle aussi le sud par ailleurs, personnage-clé du moment et plus largement de la Libye de l'après-Khadafi, Khalifa Haftar est toutefois un acteur de l'Ancien régime, quoique repenti. A l'antenne de la chaîne allemande Deutsche Welle, la journaliste Mona Hefni a tracé à grands traits son parcours: 

"Dans les années 60, il a aidé Khadafi à renverser le roi de Libye. Plus tard, il a été captif au Tchad pendant plusieurs années avant de partir en exil aux Etats-Unis. Là-bas, il a travaillé avec la CIA. par la suite, il a contribué à la chute de Khadafi".

bfmtv

Lundi 8 Avril 2019 - 16:25



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