En à peine 48 heures, le Cameroun a enregistré ses plus lourdes pertes dans sa guerre contre Boko Haram. Côté camerounais, on observait jusque-là avec un grand étonnement les massacres de l’autre côté de la frontière avec le grand voisin, le Nigeria. La secte islamiste elle-même semblait ménager le Cameroun, dont les membres pourchassés au Nigeria donnaient l’impression de vouloir se servir comme d'une base de replis.
Puis, vint la phase des enlèvements d’otages, de préférence des expatriés occidentaux : les Français de la famille Moulin-Fournier et le père Vandenbeusch, desreligieux italiens et une sœur canadienne. Tous ces otages auraient été libérés, à grands frais, malgré les dénégations des officiels. Après cette série d’enlèvements et de libérations, la secte a commencé à s’attaquer aux intérêts spécifiquement camerounais.
Montée dans l'escalade
Elle a défié régulièrement des positions de l’armée, emporté des voitures et des équipements militaires. Mais depuis près d’une semaine, Boko Haram est très clairement dans l’escalade. La secte a fait exploser un pont reliant le Nigeria au Cameroun et fait montre, à Bargaram (arrondissement de Hilé Alifa dans le Logone et Chari) jeudi dernier, et surtout à Kolofata, d’une audace et d’un déploiement de forces impressionnants.
En s’attaquant à Amadou Ali, vice-Premier ministre et ministre en charge des Relations avec le Parlement, Boko Haram s’en est pris au cœur du système dirigeant camerounais, avec l’intention, croit savoir le gouvernement, d’installer la psychose au sein des populations.
Source : Rfi.fr
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