Il va falloir aux autorités guinéennes une bonne dose de sang-froid et une dose plus forte encore de pédagogie pour que l'affaire Dadis Camara ne vienne pas aviver les tensions à la veille de la présidentielle d'octobre.
L'annonce de sa candidature a en effet réveillé ses partisans en Guinée forestière, tandis que son inculpation a accrédité chez eux l'idée d'une conspiration. Le gouvernement a beau répéter que la justice est indépendante, les partisans de l'ancien putschiste n'en croient pas un mot. Les esprits sont d'autant plus agités que dans la majorité, le retour de Moussa Dadis Camara est vécu comme une opération de déstabilisation, orchestrée par certains politiciens revanchards.
Pour ajouter encore à la dramartugie, l'alliance nouée entre Dadis Camara et Cellou Dalein Diallo regonfle une opposition jusqu'alors morose. Dans ce contexte, le devoir de justice et le procès des évènements de 2009 passe au second plan. Hormis les victimes et les défenseur des droits de l'homme, toute la Guinée semble frappée d'amnesie au sujet des crimes commis par la junte. La classe politique guinéenne paie aujourd'hui le fait d'avoir négligé durant cinq ans ce devoir de justice.
A vouloir préserver les uns et les autres au nom de la paix ou pour de simples raisons électoralistes - il ne fallait pas fâcher la forêt - les dirigeants se retrouvent aujourd'hui à devoir gérer un homme au caractère réputé imprévisible.
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