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Mali: Mountaga Tall enlevé par la Sécurité d'État depuis six mois, des ONG interpellent les autorités de Transition

Au Mali, cela fait six mois, ce mardi 2 novembre, que l’avocat et ancien ministre Mountaga Tall, engagé pour la défense de la démocratie, a été enlevé, chez lui, par des hommes encagoulés de la Sécurité d’État. D'autres militants pro-démocratie enlevés par la Sécurité d'État, en mai dernier, ont récemment réapparu. Leur santé inquiète.



Mali: Mountaga Tall enlevé par la Sécurité d'État depuis six mois, des ONG interpellent les autorités de Transition
Mountaga Tall a été enlevé, dans la nuit du 2 au 3 mai. Quelques jours après, les services maliens ont enlevé son fils, également détenu, depuis, dans un lieu inconnu en dehors de toute procédure légale. En dépit des démarches entreprises par les avocats de la famille, les autorités maliennes de transition demeurent silencieuses. Des ONG de défense des droits humains interpellent les autorités de transition.
 
« Les autorités maliennes doivent de toute urgence révéler le sort de l’avocat et homme politique pro-démocratie Mountaga Tall et de son fils Cheick Mamadou Tall, ainsi que le lieu où ils se trouvent. »
 
Dans un communiqué publié ce mardi 3 novembre, Amnesty International rappelle aux autorités de transition le droit malien : « S’ils sont soupçonnés d’avoir commis une infraction, ils doivent être présentés à un juge, être informés des charges précises qui pèsent contre eux et bénéficier de toutes les garanties d’un procès équitable. Dans le cas contraire, ils doivent être immédiatement remis en liberté. »
 
Mutisme des autorités de transition
L'ONG de défense des droits humains demande une preuve de vie des deux hommes et « un accès immédiat à leurs familles, à leurs avocats, à des médecins et aux médicaments dont ils pourraient avoir besoin. »
 
Les autorités de transition restent mutiques. Les avocats de la famille ont saisi la Justice malienne et le comité des disparitions forcées de l'ONU. Le bâtonnier du Mali, la Conférence internationale des barreaux, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont également interpellé les autorités de transition. En vain. Depuis six mois, ni la Justice malienne, ni aucun responsable politique ou sécuritaire malien n'a transmis d'information officielle sur la situation de Mountaga Tall.
 
Ces dernières années, l'avocat et ancien ministre s'était impliqué dans plusieurs dossiers sensibles, en contestant, devant les tribunaux, la dissolution des organisations politiques du Mali, ou en défendant l'ancien Premier ministre Moussa Mara qui vient de passer un an en prison pour un tweet critique.
 
Quatre autres détenus des services maliens réapparaissent « méconnaissables » et « traumatisés »
« Chaque jour qui passe sans nouvelles fait craindre pour leur sécurité et aggrave l’angoisse de leur famille », déplore Human Rights Watch dans un communiqué publié le 30 octobre.
 
L'ONG pointe également le fait que « les disparitions de Mountaga Tall et de son fils s’inscrivent dans le cadre d’une répression plus large menée par la junte militaire malienne à l’encontre de l’opposition politique, des médias et des dissidents. »
 
Les militaires au pouvoir, depuis plus de six ans, sans élections, ont « suspendu et interdit des médias, dissous des organisations de la société civile, aboli le multipartisme et soumis leurs détracteurs à des détentions arbitraires et à des disparitions forcées », rappelle encore l'ONG.
 
Quatre autres militants pro-démocratie qui étaient également détenus, depuis mai dernier, par les services maliens ont réapparu, il y a une dizaine de jours. Présentés à un juge, le 20 octobre, Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega sont désormais officiellement poursuivis pour « atteinte au crédit de l'État », « association de malfaiteurs » et « tentative de déstabilisation », sans que l'on sache les faits qui leur sont reprochés.
 
Après des mois de détention, en dehors de toute procédure, dans des lieux et dans des conditions inconnus, les quatre hommes sont « méconnaissables », selon leurs proches qui expriment leur vive inquiétude. « Très amaigris » mais avec « des membres enflés », « traumatisés » pour certains, ils n'ont toujours pas été autorisés à voir un médecin.

RFI

Mardi 3 Novembre 2026 - 09:33


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