Le gouverneur de l'État a confirmé qu'il avait été informé de l'opération militaire en cours, déclenchée à sa demande pour neutraliser certains groupes de « bandits » dans la région. Mais pour la Coalition des groupes du Nord (CNG), qui représente la société civile dans le nord du Nigeria, cette nouvelle bavure sanglante est « un acte de violence aveugle », totalement inacceptable de la part de l'armée nigériane.
« La situation est catastrophique. Si ces populations ne sont pas tuées par les frappes de l'armée, elles sont tuées par les bandits, déplore Jamilu Aliyu, coordinateur national de l'organisation, au micro de notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian. Et si les bandits ne les tuent pas, peut-être qu'ils finiront kidnappés. Évidemment, ils n'ont pas accès à leurs fermes et leurs moyens de subsistances sont compromis. »
Situation complexe
Les drames à répétition entament sérieusement la confiance de la population. Le jour de Noël, dix civils ont été tués par l'aviation nigériane, dans un village de l'État de Sokoto. En 2023, une erreur de frappe avait fait au moins 85 victimes, dont une majorité de femmes et d'enfants, lors d'un rassemblement religieux dans la région de Kaduna.
Cette fois, ce sont au moins 16 membres des milices d'auto-défense locale qui ont perdu la vie. Il s'agit pourtant des premiers relais de l'armée nigériane, rappelle le chercheur Oluwole Ojewale : « Les militaires ont besoin des communautés locales pour obtenir des informations sur le terrain. Et ce n'est possible que si les relations entre les civils et l'armée sont bonnes. Si les gens ont le sentiment qu'ils courent un risque d'être attaqués, non seulement au sol mais aussi par les airs, certains peuvent même se radicaliser et rejoindre les groupes armés. On a déjà vu ça dans le Nord-Est, dans les premiers temps de l'insurrection de Boko Haram. »
La complexité de la situation dans le nord-ouest du Nigeria, avec des groupes armés très mobiles, qui circulent à travers des frontières poreuses, complique aussi l'action des militaires.
« La situation est catastrophique. Si ces populations ne sont pas tuées par les frappes de l'armée, elles sont tuées par les bandits, déplore Jamilu Aliyu, coordinateur national de l'organisation, au micro de notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian. Et si les bandits ne les tuent pas, peut-être qu'ils finiront kidnappés. Évidemment, ils n'ont pas accès à leurs fermes et leurs moyens de subsistances sont compromis. »
Situation complexe
Les drames à répétition entament sérieusement la confiance de la population. Le jour de Noël, dix civils ont été tués par l'aviation nigériane, dans un village de l'État de Sokoto. En 2023, une erreur de frappe avait fait au moins 85 victimes, dont une majorité de femmes et d'enfants, lors d'un rassemblement religieux dans la région de Kaduna.
Cette fois, ce sont au moins 16 membres des milices d'auto-défense locale qui ont perdu la vie. Il s'agit pourtant des premiers relais de l'armée nigériane, rappelle le chercheur Oluwole Ojewale : « Les militaires ont besoin des communautés locales pour obtenir des informations sur le terrain. Et ce n'est possible que si les relations entre les civils et l'armée sont bonnes. Si les gens ont le sentiment qu'ils courent un risque d'être attaqués, non seulement au sol mais aussi par les airs, certains peuvent même se radicaliser et rejoindre les groupes armés. On a déjà vu ça dans le Nord-Est, dans les premiers temps de l'insurrection de Boko Haram. »
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