particulièrement élevés pour ceux qui suivent l’opposition, notamment lors des déplacements de Bobi Wine, mais aussi auparavant de Kizza Besigye. « Ce sont surtout les journalistes qui couvrent l’opposition qui sont pris pour cible ».
Certaines rédactions sont aussi directement entravées. Le Nation Media Group – qui détient notamment Daily Monitor et NTV – a été banni par le président Museveni de la couverture de ses rassemblements. Le Parlement a également interdit à ses journalistes l’accès aux séances.
Larry Madowo, la désinformation et l’autocensure
Même les journalistes internationaux sont désormais concernés. Le reporter de CNN Larry Madowo a été aspergé de gaz lacrymogène alors qu’il suivait la campagne de Bobi Wine.
Après avoir tweeté que « le gaz lacrymogène ougandais a un goût différent », il a fait l’objet d’une campagne de dénigrement en ligne. Une vidéo deepfake a même circulé, prétendant à tort que le président Museveni l’avait banni du pays. « Cela crée un véritable climat de peur. Quand on s’en prend à CNN, un média international, l’État envoie un message clair aux reporters locaux : "si on peut faire ça à eux, imaginez ce qu’on peut vous faire à vous" ».
Cette pression alimente l’autocensure. « Les journalistes se disent : je ne vais pas faire ce sujet, je ne veux pas risquer ma vie. Cela rend la couverture des élections de plus en plus difficile », observe Keneth Kitambula.
Une décision de justice restée lettre morte
En 2024, la Haute Cour ougandaise a jugé que les attaques contre les journalistes étaient inconstitutionnelles. Mais pour les défenseurs de la presse, l’absence de sanctions concrètes entretient un sentiment d’impunité.
Pour Canary Mugume, le scénario est déjà écrit : « Depuis Kawempe en 2021 jusqu’aux attaques de cette campagne, tout prépare le terrain pour la semaine prochaine. Nous allons probablement voir plus de journalistes attaqués que jamais ».
Et malgré tout, il refuse de renoncer : « C’est notre devoir. Si nous cédons, tout se fera dans l’ombre. Informer reste la seule façon de permettre aux citoyens de faire des choix éclairés. C’est ainsi que nous contribuons, malgré tout, à la démocratie ».
[NDLR] Contactées par RFI, les autorités ougandaises n’ont pas donné suite.
Certaines rédactions sont aussi directement entravées. Le Nation Media Group – qui détient notamment Daily Monitor et NTV – a été banni par le président Museveni de la couverture de ses rassemblements. Le Parlement a également interdit à ses journalistes l’accès aux séances.
Larry Madowo, la désinformation et l’autocensure
Même les journalistes internationaux sont désormais concernés. Le reporter de CNN Larry Madowo a été aspergé de gaz lacrymogène alors qu’il suivait la campagne de Bobi Wine.
Après avoir tweeté que « le gaz lacrymogène ougandais a un goût différent », il a fait l’objet d’une campagne de dénigrement en ligne. Une vidéo deepfake a même circulé, prétendant à tort que le président Museveni l’avait banni du pays. « Cela crée un véritable climat de peur. Quand on s’en prend à CNN, un média international, l’État envoie un message clair aux reporters locaux : "si on peut faire ça à eux, imaginez ce qu’on peut vous faire à vous" ».
Cette pression alimente l’autocensure. « Les journalistes se disent : je ne vais pas faire ce sujet, je ne veux pas risquer ma vie. Cela rend la couverture des élections de plus en plus difficile », observe Keneth Kitambula.
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En 2024, la Haute Cour ougandaise a jugé que les attaques contre les journalistes étaient inconstitutionnelles. Mais pour les défenseurs de la presse, l’absence de sanctions concrètes entretient un sentiment d’impunité.
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Et malgré tout, il refuse de renoncer : « C’est notre devoir. Si nous cédons, tout se fera dans l’ombre. Informer reste la seule façon de permettre aux citoyens de faire des choix éclairés. C’est ainsi que nous contribuons, malgré tout, à la démocratie ».
[NDLR] Contactées par RFI, les autorités ougandaises n’ont pas donné suite.
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