Depuis les années 1990, le Dr Denis Mukwege se bat pour soigner les femmes victimes de viol dans le Sud Kivu. Un sujet tabou. D'autant plus que le viol est souvent utilisé comme une arme de guerre dans cette province instable. En 2012, le Dr Mukwege échappe à une tentative d'assassinat, le poussant à s'exiler quelques mois à l'étranger. A son retour à Bukavu, les Nations unies lui accordent en 2014, une garde rapprochée, pour lui assurer sa sécurité ainsi qu'à ses équipes et aux patientes de l'hôpital Panzi.
Mais depuis l'année dernière, cette mesure a été allégée. Ce médecin très respecté bénéficie uniquement d'une escorte onusienne lors de ses déplacements. C'est insuffisant, s'indignent ses collaborateurs, toujours sous le choc après l'assassinat en avril dernier de Gildo Byamungu, un jeune médecin de l'hôpital.
« L’hôpital de Panzi reçoit des femmes violées, est témoin des choses qui sont en train de se passer dans la région, explique Christain Kachalé, chargé en communication de la fondation Panzi. Donc, c’est un danger. Et le docteur Mukwege constitue aussi un danger pour ceux-là qui veulent attenter à sa vie. »
« La MONUSCO continue sa protection au Dr Mukwege et il n'y a pas de menace sur sa personne », indique la Monusco sur son compte Twitter. Une information aussitôt démentie par la fondation Panzi.
De Douala, en passant par Abidjan et Dakar, cette situation mobilise les internautes : la pétition lancée il y a trois jours par l'organisation féministe Le Salon des Dames a recueilli plus de 11 500 signatures.
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