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Santé publique : le Dr Ibrahima Ndiaye dénonce les effets dévastateurs de la dépigmentation artificielle



Santé publique : le Dr Ibrahima Ndiaye dénonce les effets dévastateurs de la dépigmentation artificielle
Le dermatologue Ibrahima Ndiaye a lancé, le 14 juin 2026, un appel à la vigilance face aux dangers de la dépigmentation artificielle, qu’il considère désormais comme un véritable problème de santé publique au Sénégal.

Le spécialiste a rappelé que cette pratique, présente dans le pays depuis plus de cinquante ans, expose les utilisateurs à de nombreuses complications dermatologiques et générales susceptibles d’altérer durablement leur état de santé.

Selon lui, les deux substances les plus fréquemment utilisées pour éclaircir la peau sont les corticoïdes et l’hydroquinone. D’après l’APS, ces produits qui sont détournés de leur usage thérapeutique restent largement accessibles sur le marché malgré les risques qu’ils présentent.

« En faisant la dépigmentation, on détruit le microbiome de la peau, cette flore protectrice qui nous défend contre les infections », a expliqué le Dr Ndiaye, lors du Salon international de la beauté, du cosmétique et de l’hygiène.

Cette altération des défenses naturelles favorise l’apparition de diverses affections, notamment les mycoses récidivantes, la gale et des infections bactériennes sévères comme l’érysipèle.

Le spécialiste a également évoqué plusieurs effets secondaires dermatologiques liés à l’utilisation prolongée de ces produits, notamment l’acné cortisonique, l’augmentation anormale de la pilosité, les vergetures, l’atrophie cutanée et les allergies de contact.

Concernant l’hydroquinone, il a alerté sur les risques de phototoxicité lors de l’exposition au soleil. Cette substance peut provoquer une pigmentation foncée irréversible de certaines parties du corps, un phénomène appelé pseudo-ochronose exogène.

Au-delà des atteintes cutanées, le dermatologue a insisté sur les conséquences systémiques de la dépigmentation. Selon lui, l’application quotidienne de corticoïdes sur de grandes surfaces du corps pendant plusieurs années favorise leur passage dans le sang et peut entraîner de graves complications telles que l’hypertension artérielle, le diabète, le syndrome de Cushing, des atteintes rénales et des troubles neurologiques.

Le médecin a également souligné les risques encourus par les femmes enceintes, notamment la possibilité d’un faible poids de naissance chez le nouveau-né.

Profitant de son intervention, le Dr Ndiaye a tenu à distinguer la dépigmentation artificielle de certaines pathologies comme l’albinisme oculocutané et le vitiligo. Il a rappelé que l’albinisme est une maladie génétique présente dès la naissance, tandis que le vitiligo est une affection acquise pouvant parfois révéler d’autres maladies auto-immunes et nécessitant une prise en charge spécialisée.

Le dermatologue s’est par ailleurs inquiété de l’apparition de nouvelles méthodes de dépigmentation reposant sur des injections, des perfusions de glutathion, des traitements au laser ou encore diverses pratiques esthétiques réalisées hors du cadre médical. « La dermatocosmétologie nous échappe de plus en plus. Beaucoup de pratiques sont réalisées par des non-dermatologues », a-t-il regretté.

Fatime Gueye

Dimanche 14 Juin 2026 - 14:05


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