Avec 94 000 demandes pour 57 000 places annoncées pour les nouveaux bacheliers, le Sénégal fait face à une tension majeure dans son enseignement supérieur. Pour le professeur Falilou Coundoul, universitaire, acteur politique et responsable du Think Tank Pragmatisme Social-Démocrate, ces chiffres traduisent moins une crise ponctuelle de rentrée qu’une saturation structurelle du modèle universitaire actuel.
L’écart de près de 37 000 places ne signifie pas que autant de bacheliers resteront nécessairement sans solution, les opérations de placement et d’ajustement devant encore se poursuivre. Il révèle toutefois, selon l’universitaire, un changement d’échelle de la demande auquel les capacités publiques n’ont pas suffisamment suivi.
Le phénomène s’explique notamment par l’explosion du nombre de bacheliers. Alors que le Sénégal en comptait 6 519 entre 1960 et 1969, ils ont été 455 035 entre 2020 et 2025, selon les données citées par le professeur Coundoul. « Ce qui arrive à saturation n’est pas l’université de masse, mais le modèle universitaire d’élite », estime-t-il.
Face à cette pression, l’État a notamment recours depuis 2013 au financement de places dans le privé. Une étude de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique estime qu’environ 40 000 étudiants ont été concernés entre 2013 et 2019, pour un coût de 54 milliards de FCFA. Pour Coundoul, cette réponse peut traiter l’urgence, mais ne saurait remplacer la construction de capacités publiques durables.
L’enjeu concerne également le fonctionnement interne des universités. Les années académiques décalées entraînent un chevauchement des cohortes et maintiennent plus longtemps les étudiants dans le système, accentuant la pression sur les salles, les enseignants, les laboratoires et les œuvres sociales. Le retour à un calendrier académique régulier constitue ainsi, selon lui, « une politique de capacité ».
Le professeur Coundoul plaide par ailleurs pour un registre national unique des étudiants, adossé à l’Identifiant national étudiant (INE), afin de mieux connaître les effectifs réellement actifs, limiter les doubles inscriptions et améliorer la gestion des places et des bourses. Il appelle également à une meilleure articulation entre universités publiques, établissements privés, ISEP et autres structures de formation.
À plus long terme, il défend une diversification de l’enseignement supérieur : universités, ISEP, BTS, formations technologiques, alternance, écoles d’ingénieurs, certifications, formation continue et enseignement hybride, avec des passerelles entre les différents parcours.
Pour l’universitaire, les 94 000 demandes face aux 57 000 places constituent surtout un signal : le Sénégal est entré dans l’ère de l’enseignement supérieur de masse sans avoir encore construit toutes les capacités nécessaires pour l'accompagner.
L’enjeu des prochaines années ne sera donc plus seulement de trouver une place à chaque bachelier, mais de bâtir un système capable d’accueillir durablement davantage d’étudiants tout en garantissant la qualité des formations.
L’écart de près de 37 000 places ne signifie pas que autant de bacheliers resteront nécessairement sans solution, les opérations de placement et d’ajustement devant encore se poursuivre. Il révèle toutefois, selon l’universitaire, un changement d’échelle de la demande auquel les capacités publiques n’ont pas suffisamment suivi.
Le phénomène s’explique notamment par l’explosion du nombre de bacheliers. Alors que le Sénégal en comptait 6 519 entre 1960 et 1969, ils ont été 455 035 entre 2020 et 2025, selon les données citées par le professeur Coundoul. « Ce qui arrive à saturation n’est pas l’université de masse, mais le modèle universitaire d’élite », estime-t-il.
Face à cette pression, l’État a notamment recours depuis 2013 au financement de places dans le privé. Une étude de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique estime qu’environ 40 000 étudiants ont été concernés entre 2013 et 2019, pour un coût de 54 milliards de FCFA. Pour Coundoul, cette réponse peut traiter l’urgence, mais ne saurait remplacer la construction de capacités publiques durables.
L’enjeu concerne également le fonctionnement interne des universités. Les années académiques décalées entraînent un chevauchement des cohortes et maintiennent plus longtemps les étudiants dans le système, accentuant la pression sur les salles, les enseignants, les laboratoires et les œuvres sociales. Le retour à un calendrier académique régulier constitue ainsi, selon lui, « une politique de capacité ».
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