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Sénégal-Kédougou : arrestation des manifestants, les faits saillants de la révolte.

Les manifestants arrêtés suite à la marche de contestation des jeunes de Kédougou font face au juge ce vendredi 9 janvier au tribunal de Tamba Counda. Une délégation de Kédougou reçue à Dakar par le chef de l’Etat n’a apparemment pas convaincu le locataire du palais à faire libérer les détenus. Plusieurs personnes ont été arrêtées et des édifices publics ont été saccagés lors des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Le bilan officiel fait état de deux morts alors que des organisations de défense des droits de l’homme en dénombrent trois. Le manque d’infrastructure et le sous emploi des jeunes de cette région nantie en ressources minières sont à l’origine de ce mouvement d’humeur qui a fait couler beaucoup de salive.



Sénégal-Kédougou : arrestation des manifestants, les faits saillants de la révolte.
Le mouvement d’humeur a commencé par une marche le mardi 23 décembre. Les jeunes ont voulu revendiqué leur part dans l’exploitation des ressources de leur région. Mais, c’était sans compter face aux forces de l’ordre qui ont voulu veiller sur la quiétude de la ville. Des affrontements entre les deux parties se sont soldés par des morts, plusieurs blessés (des forces de l’ordre et des populations de Kédougou) et la destruction de plusieurs bâtiments administratifs.
Le ministre de la communication et porte parole du gouvernement Aziz Sow a fait une déclaration le soir même pour appeler ’’au calme et à la sérénité’’. A cette occasion il a également signalé qu’il ya eu un seul mort sur le champ de bataille tout en blanchissant les éléments des forces de l’ordre. « Le décès ne provient pas d’un tir de l’armée. La personne (Mamadou Sina Sidibé) a été bousculée et piétinée par la foule » a-t-il déclaré. Selon lui, « la situation dépasse une simple manifestation d’étudiants ». Quelques heures après, par un communiqué parvenu à pressafrik.com, Aziz Sow a reconnu la mort d’une seconde personne. « Un second décès a été porté à notre connaissance. Il s’agit d’un commerçant victime d’une agression de pillards qui s’en prenaient à sa boutique. Il serait décédé, tard dans la nuit, des suites de ses blessures» a indiqué le communiqué du ministère de la communication.
Un calme précaire a régné dans cette partie orientale du Sénégal plusieurs jours après. Les forces de l’ordre ayant perdu leurs armes sur le champ de bataille se sont mises des jours durant à perquisitionner les maisons soupçonnées et à arrêter des manifestants ou leurs proches parents pour retrouver leurs armes. Même le domicile du secrétaire général du PIT (Parti de l’indépendance pour le travail) Amath Dansokho n’a pas échappé à la furie des forces de l’ordre.
Le 26 décembre, la visite des ministres de l’Intérieur et des Forces Armées à Kédougou pour détendre l’atmosphère s’est révélée sans succès. Elle a même empiré la situation. La délégation gouvernementale a été ferme et n’a autorisé qu’une seule personne à prendre la parole. Le ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy a, selon nos sources, affirmé dès le départ qu’une seule personne est autorisée à prendre la parole. «Une seule personne va nous parler car l’avion nous attend» a-t-il précisé dès le début de l’entretien. L’Imam Thierno Mamadou Alpha Bâ, qui a tenté de demander aux autorités la libération des jeunes afin que la région renoue avec la quiétude, a malheureusement obtenue une réponse négative. Cheikh Tidiane Sy lui a rétorqué : «nous sommes venus pour vous présenter nos condoléances. Pour ce qui est de la libération des jeunes, il faut que force reste à la loi». Et l’ancien député-maire socialiste, El Hadji Bocar Sidibé de marteler : «ils ne sont pas venus pour ramener la paix. Il n’y a que le président de la République qui peut décanter la situation».
Lundi 5 janvier une délégation venue de Kédougou avec une très faible représentation de jeunes a été reçue par le président Abdoulaye Wade au Palais de la République. A l’issue de la rencontre, la délégation a déclarée qu’elle garde la primeur de ce qui a été dit avec le chef de l’Etat à ceux qui les ont délégués.
Les jeunes de Kédougou ont marché le 23 décembre pour exiger des emplois et des infrastructures pour leur nouvelle région


Awa DIEDHIOU

Vendredi 9 Janvier 2009 - 11:25



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