C’est une évolution importante pour les échanges commerciaux : la Côte d'Ivoire a mis fin le 11 avril au visa douanier avec le Mali et le Burkina Faso. Une simplification des formalités de transit importante pour booster les échanges avec des pays voisins très dépendants des importations.
C'est la chute d'un « mur de Berlin » administratif en Afrique de l'Ouest, assure un expert ivoirien en logistique. Cette mesure fera gagner du temps aux transporteurs, notamment lors de leur passage aux postes frontières dans le nord de la Côte d’Ivoire de Laléraba pour le Burkina Faso et de Pogo pour le Mali.
La mise en place de la dématérialisation des documents va accélérer les choses, estime Daouda Bamba, secrétaire général de l'Union des chauffeurs routiers d'Afrique de l'Ouest, au micro d’Alexis Bédu : « Ça nous fait gagner du temps. Pour pouvoir aller au Mali ou bien au Burkina Faso, le camion, qui est par exemple chargé au port d'Abidjan, eh bien il faut faire les documents douaniers. Alors ça prend souvent énormément de temps : une semaine, deux semaines. »
Sans visa douanier, on réduit les coûts logistiques comme les frais de stationnement, ou les pots-de-vin réclamés parfois à certains barrages.
C'est une avancée importante, abonde Youssouf Sangaré, consultant en logistique à Abidjan : « Ça va baisser énormément le coût des produits. Un voyage qui est censé durer un ou deux jours maximums, dans la réalité, il va durer cinq jours. Il y a le coût logistique du transport qui baisse. Au niveau des frais, il y aura moins à payer. »
« C'est le passage à la confiance »
Jusqu'ici, un transporteur devait en effet payer des taxes et subissait une bureaucratie parfois lente. Pour Youssouf Sangaré toujours, « supprimer le visa douanier, c'est supprimer le verrou qui bloquait l'intégration réelle entre les pays de l'hinterland [Mali et Burkina, NDLR] et la locomotive ivoirienne. Et c'est le passage à la confiance : historiquement, les douanes fonctionnaient sur la méfiance. Cette mesure prouve que les États acceptent enfin de partager des données plutôt que de multiplier les contrôles physiques ».
La Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso y voient aussi un moyen d'augmenter leurs échanges. Cela devrait améliorer la compétitivité des produits locaux. Selon les autorités ivoiriennes, la suppression du visa devrait faire gagner 24h à 48h d'attente aux frontières.
En 2024, le Mali a confirmé son rôle de marché majeur pour la Côte d’Ivoire, se classant au troisième rang des clients du pays avec près de 8% des exportations ivoiriennes, soit environ 1,5 milliard de dollars. L’essentiel de ces ventes repose sur les produits pétroliers, qui demeurent la principale composante des échanges bilatéraux.
Les relations commerciales avec le Burkina Faso, elles, sont marquées par un fort déséquilibre en faveur d’Abidjan. La Côte d’Ivoire y a exporté pour environ 800 millions de dollars en 2024, contre environ 170 millions de dollars d’importations. Les flux sont dominés par le pétrole raffiné, le tabac et l’huile de palme côté ivoirien, tandis que le Burkina Faso exporte principalement du coton brut et des produits agricoles.
C'est la chute d'un « mur de Berlin » administratif en Afrique de l'Ouest, assure un expert ivoirien en logistique. Cette mesure fera gagner du temps aux transporteurs, notamment lors de leur passage aux postes frontières dans le nord de la Côte d’Ivoire de Laléraba pour le Burkina Faso et de Pogo pour le Mali.
La mise en place de la dématérialisation des documents va accélérer les choses, estime Daouda Bamba, secrétaire général de l'Union des chauffeurs routiers d'Afrique de l'Ouest, au micro d’Alexis Bédu : « Ça nous fait gagner du temps. Pour pouvoir aller au Mali ou bien au Burkina Faso, le camion, qui est par exemple chargé au port d'Abidjan, eh bien il faut faire les documents douaniers. Alors ça prend souvent énormément de temps : une semaine, deux semaines. »
Sans visa douanier, on réduit les coûts logistiques comme les frais de stationnement, ou les pots-de-vin réclamés parfois à certains barrages.
C'est une avancée importante, abonde Youssouf Sangaré, consultant en logistique à Abidjan : « Ça va baisser énormément le coût des produits. Un voyage qui est censé durer un ou deux jours maximums, dans la réalité, il va durer cinq jours. Il y a le coût logistique du transport qui baisse. Au niveau des frais, il y aura moins à payer. »
« C'est le passage à la confiance »
Jusqu'ici, un transporteur devait en effet payer des taxes et subissait une bureaucratie parfois lente. Pour Youssouf Sangaré toujours, « supprimer le visa douanier, c'est supprimer le verrou qui bloquait l'intégration réelle entre les pays de l'hinterland [Mali et Burkina, NDLR] et la locomotive ivoirienne. Et c'est le passage à la confiance : historiquement, les douanes fonctionnaient sur la méfiance. Cette mesure prouve que les États acceptent enfin de partager des données plutôt que de multiplier les contrôles physiques ».
La Côte d’Ivoire, le Mali et le Burkina Faso y voient aussi un moyen d'augmenter leurs échanges. Cela devrait améliorer la compétitivité des produits locaux. Selon les autorités ivoiriennes, la suppression du visa devrait faire gagner 24h à 48h d'attente aux frontières.
En 2024, le Mali a confirmé son rôle de marché majeur pour la Côte d’Ivoire, se classant au troisième rang des clients du pays avec près de 8% des exportations ivoiriennes, soit environ 1,5 milliard de dollars. L’essentiel de ces ventes repose sur les produits pétroliers, qui demeurent la principale composante des échanges bilatéraux.
Les relations commerciales avec le Burkina Faso, elles, sont marquées par un fort déséquilibre en faveur d’Abidjan. La Côte d’Ivoire y a exporté pour environ 800 millions de dollars en 2024, contre environ 170 millions de dollars d’importations. Les flux sont dominés par le pétrole raffiné, le tabac et l’huile de palme côté ivoirien, tandis que le Burkina Faso exporte principalement du coton brut et des produits agricoles.
Autres articles
-
Burkina Faso: vague de haine contre une journaliste après un reportage sur la situation du pays
-
Francophonie: Kinshasa mise sur Juliana Lumumba pour conquérir le Secrétariat général de l’OIF
-
Arrêté en Afrique du Sud, Kemi Seba fait l’objet d’une «procédure d’extraction» au Bénin (Police locale)
-
Soudan: «On a pu visiter El-Fasher de façon très encadrée, avec une mise en scène, du cynisme à l'état pur»
-
RDC: Kinshasa et l’AFC/M23 formalisent en Suisse un mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu




Burkina Faso: vague de haine contre une journaliste après un reportage sur la situation du pays


