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Sonko président de l'Assemblée nationale: le FDR dénonce une « forfaiture » et demande sa démission immédiate

Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) s'oppose fermement à l'installation d'Ousmane Sonko comme député et président de l'Assemblée nationale. Dans une déclaration publiée ce 29 mai, la Conférence des Leaders du FDR qualifie cette installation de « forfaiture ».

Selon le FDR, en restant membre du gouvernement, Ousmane Sonko ne pouvait plus être député depuis 2024, avec ou sans lettre de démission, en application de l'article LO 172 du Code électoral.

Le Front de l'opposition souligne que les « députés de PASTEF ont violé la Constitution, le Code électoral et les règles de fonctionnement de l'Assemblée nationale en vue de conférer, d'urgence, une immunité parlementaire à leur Gourou ».
Face à cette situation, le FDR exige la démission immédiate et sans condition d'Ousmane Sonko, qu'il qualifie de « président illégal et illégitime de l'Assemblée nationale ».

Ci-dessous l'intégralité de la déclaration du FDR.



La forfaiture du 26 mai 2026, ‘’installant’’ Ousmane Sonko comme député, est le dernier acte d'un complot ourdi depuis près d'un an et exécuté froidement, étape après étape.  Le 27 juin 2025, sous couvert de réformer le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la majorité mécanique de PASTEF   posait les premiers jalons du recyclage illégal de son leader. 

En effet, avec la réforme de l'article 56 de la proposition de loi portant Règlement intérieur, PASTEF cherchait à transformer l'Assemblée nationale en un véritable tribunal populaire. Le projet prévoyait de s’octroyer le droit de convoquer, manu militari, n'importe quel citoyen, d'auditer des députés au mépris de leur immunité et de soumettre ministres et magistrats (voire le Président de la République !) selon le bon vouloir de la majorité parlementaire. Bref, il s'agissait d'anticiper l'accaparement de tous les pouvoirs par le...  futur Président de l'Assemblée nationale ! 

Heureusement, le Conseil constitutionnel censura ces dérives d'un autre âge. Malgré tout, en imposant, avec la modification de l'article 15, l'élection immédiate d'un nouveau Président de l'Assemblée en cas de démission du titulaire, PASTEF préparait le terrain pour le coup de force aujourd’hui vécu. Son objectif étant de prendre les Sénégalais de court et   d’engager une guerre de clans ne pouvant qu’être destructrice. 

Nous savons tous que Sonko, en restant membre du gouvernement, ne pouvait plus être député depuis 2024, avec ou sans lettre de démission, en application de l’article LO 172 du Code électoral. 

Le cœur du scandale a été la modification de l’article 124 du Règlement intérieur pour préparer l'installation illégale de l’ancien Premier ministre. Pourtant, la Constitution (article 54) est limpide : pour organiser le retour d'un ministre qui fut député avant d’être membre du gouvernement – ce qui n’est pas le cas de Sonko -, il faut une  loi organique  qui doit être, en toute cohérence, insérée, comme toutes les dispositions relatives aux élections des députés, dans le Code électoral. Une exigence constitutionnelle contournée par l’insertion de nouvelles dispositions dans le Règlement intérieur, dispositions qui, dans leur mouture actuelle, essaient de régler de manière flagramment inopérante le seul cas de Sonko qui, encore une fois, ne saurait être concerné. 


Dans le fond, l'enchaînement des derniers événements traduit une véritable panique. En effet, pressés par les investigations en cours, les députés de PASTEF ont violé la Constitution, le Code électoral et les règles de fonctionnement de l'Assemblée nationale en vue de conférer, d'urgence, à leur Gourou une immunité parlementaire. Et dans son premier discours, ce Gourou a persisté dans son entreprise de sabordage de la République en parlant au nom du parti PASTEF du haut du perchoir de l’Assemblée nationale, rabaissant cette dernière au rang de section du PASTEF ou d’arme de premier plan dans la guerre ouverte entre les factions du parti au pouvoir. 

Face à cette atteinte grave au fonctionnement régulier de nos institutions, le FDR appelle l'ensemble des forces vives du Sénégal à ne pas faiblir et à organiser une riposte à la hauteur de la forfaiture. Il s'agit d'exiger et d'obtenir la démission immédiate et sans condition de Ousmane Sonko, Président illégal et illégitime de l'Assemblée nationale.

  Il n’y a pas d’autre voie pour sauvegarder notre démocratie et notre République.  

Le FDR lance également un appel solennel aux chefs religieux, aux autorités coutumières, aux intellectuels, aux acteurs de la société civile ainsi qu’aux leaders d’opinion, afin qu’ils usent de leur autorité morale et de leur influence pour contribuer à la préservation de la paix civile, à la défense de l’État de droit et au respect des règles fondamentales qui constituent le socle de notre pacte républicain.  

Moussa Ndongo

Vendredi 29 Mai 2026 - 20:44


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