Lorsque Ahmed Adam Mohamed, sa femme Kawsar, leurs cinq enfants et sept autres neveux et nièces sont arrivés au camp de Gorom, un réfugié déjà installé a eu pitié d’eux. Il leur a laissé sa tente, le temps que la famille s’enregistre. Mais les semaines passent, et l’aide humanitaire se fait attendre.
Ahmed ne connaît que trop bien cette vie de déplacés :« Il y a de quoi être triste, car nous vivons dans les camps d’El Fasher depuis vingt ans. » Leur fuite vers le Soudan du Sud est le dernier chapitre d’une histoire dont Ahmed porte les marques sur son corps. « L’attaque qui nous a poussés à fuir notre village a eu lieu le 15 août 2003. Ils ont mis le feu au village, tué des civils, massacré des enfants, violé les femmes et pillé ce que nous possédions. »
Ahmed soulève sa chemise et montre l’énorme cicatrice sur son ventre, et les deux doigts qu’il a perdus, à la main gauche. Ce sont les séquelles d’une attaque à laquelle il a miraculeusement survécu en 2005.
« Ici, nous ne pouvons rien faire, nous sommes coupés du monde »
Il dénonce l’hypocrisie du gouvernement soudanais, et notamment du général Burhan qui, se souvient-il, « a lui-même brûlé des villages du Darfour ». « Tout ça, c’est l’œuvre du gouvernement. Même s’ils utilisent les tribus arabes, ce terme de "Janjawid ", l’armée a longtemps voulu se cacher derrière, comme lorsque les mêmes milices arabes étaient envoyées pour attaquer le Soudan du Sud. L’armée envoie les milices attaquer, et reste à l’arrière avec ses véhicules, mais ils travaillent ensemble et les milices font partie du gouvernement. »
Le conflit actuel et l’arrivée de la violence à Khartoum, la capitale, n’étonnent pas Ahmed. C’est pour lui la confirmation de l’existence d’un projet de création d’un nouveau « royaume arabe » au Soudan.
Son bébé endormi dans ses bras, Kawsar, sa femme, tente tout de même de se projeter : « Si la situation s’améliore, il n’y a pas de meilleur endroit que notre pays. Ici, nous sommes coupés du monde, nous ne pouvons rien faire, nous ne pouvons pas travailler. Mais, si nous rentrons chez nous, nous pourrons nous débrouiller. Ce qui me préoccupe le plus, c’est d’arriver à remettre les enfants à l’école. La situation est de plus en plus difficile. Nous nous inquiétons pour l’avenir de ces enfants. »
Elle est bien consciente de la difficulté supplémentaire qui leur fait face : leur conversion au christianisme leur a attiré de gros problèmes chez eux au Darfour, et son mari, Ahmed, a fait l’objet d’une tentative d’assassinat. Pour elle, la famille n’a désormais « nulle part où aller ».
Ahmed ne connaît que trop bien cette vie de déplacés :« Il y a de quoi être triste, car nous vivons dans les camps d’El Fasher depuis vingt ans. » Leur fuite vers le Soudan du Sud est le dernier chapitre d’une histoire dont Ahmed porte les marques sur son corps. « L’attaque qui nous a poussés à fuir notre village a eu lieu le 15 août 2003. Ils ont mis le feu au village, tué des civils, massacré des enfants, violé les femmes et pillé ce que nous possédions. »
Ahmed soulève sa chemise et montre l’énorme cicatrice sur son ventre, et les deux doigts qu’il a perdus, à la main gauche. Ce sont les séquelles d’une attaque à laquelle il a miraculeusement survécu en 2005.
« Ici, nous ne pouvons rien faire, nous sommes coupés du monde »
Il dénonce l’hypocrisie du gouvernement soudanais, et notamment du général Burhan qui, se souvient-il, « a lui-même brûlé des villages du Darfour ». « Tout ça, c’est l’œuvre du gouvernement. Même s’ils utilisent les tribus arabes, ce terme de "Janjawid ", l’armée a longtemps voulu se cacher derrière, comme lorsque les mêmes milices arabes étaient envoyées pour attaquer le Soudan du Sud. L’armée envoie les milices attaquer, et reste à l’arrière avec ses véhicules, mais ils travaillent ensemble et les milices font partie du gouvernement. »
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