Le prince Hamza, demi-frère du roi Abdallah II est soupçonné d'avoir participé à un complot en vue de déstabiliser le pays. Samedi 3 avril, le prince Hamza a affirmé dans une vidéo adressée à la BBC qu'il était assigné à résidence. Une quinzaine de personnes ont été arrêtées. Et hier, dimanche 4 avril, le vice-Premier ministre a utilisé des termes forts, évoquant « complot » et « sédition ». Camille Abescat, doctorante au Ceri Sciences Po, spécialiste de la vie politique jordanienne, répond aux questions de RFI.
Ces accusations de complot sont-elles fondées ou s'agit-il d'un règlement de compte entre deux frères, deux demi-frères rivaux ?
Je pense que la toute première chose qu’il faut souligner, c’est que pour l’instant les informations dont on dispose sont très partielles. Je pense que c’est un peu tôt pour avancer des conclusions. Mais ce qu’on peut dire néanmoins, c’est qu’à première vue, l’hypothèse d’un simple règlement de comptes est assez peu probable, puisque, vous l’avez rappelé, c’est une vague d’arrestations et l’implication supposée du prince Hamza dans le complot, c’est quand même des événements qui mettent fortement à mal l’image de la Jordanie, de la stabilité de la monarchie, et l’image de la famille royale aussi. C’est d’ailleurs pour cette raison que le pouvoir jordanien, comme on a pu le voir dans les conférences de presse tenues hier, s’applique à ne pas parler d’un coup d‘État, à minimiser les faits ou du moins à montrer que la situation est sous contrôle et qu’elle avait été gérée extrêmement rapidement et efficacement.
Parmi les personnes arrêtées, il y a notamment Bassem Awadallah, un homme qui a la double nationalité jordanienne et saoudienne. Il a été le conseiller du roi Abdallah II de Jordanie et du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. Faut-il y voir une implication de l’Arabie saoudite ?
C’est un peu la question que tout le monde se pose depuis hier. Mais encore une fois, et désolée si je me répète mais il est important de rappeler qu’aujourd’hui, tout le monde n’est encore qu’au stade de la spéculation. Mais c’est vrai que le ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a mentionné hier qu’un gouvernement étranger était impliqué dans ce complot. Et c’est vrai que tout le monde parie sur l’Arabie saoudite au vu du profil de certaines des personnes arrêtées. Il y a Bassem Awadallah comme vous venez de le mentionner, il y a aussi Cherif Hassan qui est un membre de la famille royale assez peu connu, c’est vrai, mais qui lui était aussi envoyé royal en Arabie saoudite. Donc, c’est vrai que ça fait beaucoup de choses. Mais encore une fois, on n’en est encore qu’au stade des suppositions et je pense qu’on en apprendra plus dans les prochains jours.
On a vu de nombreux pays du Golfe, mais aussi les États-Unis apporter leur soutien à Amman. Est-ce que cet épisode peut fragiliser le royaume ?
Je pense qu’on est en tout cas en mesure de dire que dès aujourd’hui, c’est un événement qui va laisser des traces. C’est un événement tout à fait exceptionnel qui a provoqué la stupéfaction générale et qui, en plus, survient quelques jours avant le centenaire de l’État jordanien. Donc je pense que premièrement, c’est un événement qui va en effet laisser des traces à l’international dans les relations de la Jordanie avec certains de ses principaux partenaires comme les États-Unis. Un partenaire qui tient à la stabilité de la Jordanie. Mais à mes yeux, c’est surtout un événement qui va laisser des traces à l’intérieur de la Jordanie car on a quand même affaire à une vidéo d’un membre de la famille royale, très apprécié des Jordaniens, qui pointe du doigt l’intensification de la répression politique. Ses propos parlent forcément aux Jordaniens, et là je cite vraiment un événement parmi d’autres mais pas plus tard que le 24 mars de cette année, vous avez des dizaines d’opposants politiques qui ont été arrêtés lors de manifestations qui célébraient l’anniversaire des printemps arabes. Donc, je pense que c’est un événement qui va d’autant plus laisser de traces qu’il survient dans un contexte politique qui était déjà particulièrement tendu.
Ces accusations de complot sont-elles fondées ou s'agit-il d'un règlement de compte entre deux frères, deux demi-frères rivaux ?
Je pense que la toute première chose qu’il faut souligner, c’est que pour l’instant les informations dont on dispose sont très partielles. Je pense que c’est un peu tôt pour avancer des conclusions. Mais ce qu’on peut dire néanmoins, c’est qu’à première vue, l’hypothèse d’un simple règlement de comptes est assez peu probable, puisque, vous l’avez rappelé, c’est une vague d’arrestations et l’implication supposée du prince Hamza dans le complot, c’est quand même des événements qui mettent fortement à mal l’image de la Jordanie, de la stabilité de la monarchie, et l’image de la famille royale aussi. C’est d’ailleurs pour cette raison que le pouvoir jordanien, comme on a pu le voir dans les conférences de presse tenues hier, s’applique à ne pas parler d’un coup d‘État, à minimiser les faits ou du moins à montrer que la situation est sous contrôle et qu’elle avait été gérée extrêmement rapidement et efficacement.
Parmi les personnes arrêtées, il y a notamment Bassem Awadallah, un homme qui a la double nationalité jordanienne et saoudienne. Il a été le conseiller du roi Abdallah II de Jordanie et du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. Faut-il y voir une implication de l’Arabie saoudite ?
C’est un peu la question que tout le monde se pose depuis hier. Mais encore une fois, et désolée si je me répète mais il est important de rappeler qu’aujourd’hui, tout le monde n’est encore qu’au stade de la spéculation. Mais c’est vrai que le ministre des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a mentionné hier qu’un gouvernement étranger était impliqué dans ce complot. Et c’est vrai que tout le monde parie sur l’Arabie saoudite au vu du profil de certaines des personnes arrêtées. Il y a Bassem Awadallah comme vous venez de le mentionner, il y a aussi Cherif Hassan qui est un membre de la famille royale assez peu connu, c’est vrai, mais qui lui était aussi envoyé royal en Arabie saoudite. Donc, c’est vrai que ça fait beaucoup de choses. Mais encore une fois, on n’en est encore qu’au stade des suppositions et je pense qu’on en apprendra plus dans les prochains jours.
On a vu de nombreux pays du Golfe, mais aussi les États-Unis apporter leur soutien à Amman. Est-ce que cet épisode peut fragiliser le royaume ?
Je pense qu’on est en tout cas en mesure de dire que dès aujourd’hui, c’est un événement qui va laisser des traces. C’est un événement tout à fait exceptionnel qui a provoqué la stupéfaction générale et qui, en plus, survient quelques jours avant le centenaire de l’État jordanien. Donc je pense que premièrement, c’est un événement qui va en effet laisser des traces à l’international dans les relations de la Jordanie avec certains de ses principaux partenaires comme les États-Unis. Un partenaire qui tient à la stabilité de la Jordanie. Mais à mes yeux, c’est surtout un événement qui va laisser des traces à l’intérieur de la Jordanie car on a quand même affaire à une vidéo d’un membre de la famille royale, très apprécié des Jordaniens, qui pointe du doigt l’intensification de la répression politique. Ses propos parlent forcément aux Jordaniens, et là je cite vraiment un événement parmi d’autres mais pas plus tard que le 24 mars de cette année, vous avez des dizaines d’opposants politiques qui ont été arrêtés lors de manifestations qui célébraient l’anniversaire des printemps arabes. Donc, je pense que c’est un événement qui va d’autant plus laisser de traces qu’il survient dans un contexte politique qui était déjà particulièrement tendu.
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