Le Nigeria subit les foudres d’Amnesty International. Lundi, l’ONG dénonçait la pollution pétrolière dans l’Ogoniland. Aujourd’hui, elle accuse l’armée nigériane de violations massives des droits de l’homme dans l’Etat de Borno.
Exécutions extra judiciaires, arrestations arbitraires, torture, disparitions… Selon Amnesty International, l’armée et les milices citoyennes dont la Civil Joint Task Force, accumulent les exactions dans leur lutte contre Boko Haram.
« Politique désastreuse »
L’ONG s’appuie sur des témoignages et des vidéos.
« Nous avons des éléments qui relèvent à la fois de témoignages humains et de vidéos que nous avons authentifiées qui montrent très clairement la responsabilité des forces de sécurité nigériane », assure, sur RFI, Francis Perrin, porte-parole d’Amnesty International France.
Pour lui, les méthodes de l’armée nigériane « ne relèvent évidemment pas de celles d’un Etat de droit ni d’un pays qui veut exercer un rôle de leadership sur le continent africain ». Pire, cette stratégie « ne peut que dresser la population contre les forces de sécurité et le gouvernement », a-t-il ajouté.
« La population attend des forces de sécurité une protection ; elle n’attend pas une répression aveugle dont elle pâtie en bonne partie (…) Il s’agit d’une stratégie politiquement désastreuse pour l’avenir du pays à moyen et à long terme et, à court terme, pour la lutte - ô combien nécessaire - contre Boko Haram », a tenu à préciser le porte-parole d’Amnesty International France.
L’armée nigériane promet une enquête
Le quartier général de l’armée nigériane a réagi en condamnant les pratiques dénoncées par Amnesty International qui touchent à « l’intégrité de l’opération antiterroriste en cours ». Les militaires assurent qu’ils font enquêter sur « la véracité des affirmations et identifier les coupables. »
Mais pour l’ONG, le gouvernement nigérian a toujours cherché à nier les faits et à dissimuler les crimes de ses soldats. Pour Francis Perrin, une enquête « indépendante, impartiale et exhaustive » est impérative. « Il en va de l’efficacité à terme de la lutte contre Boko Haram les atrocités », a-t-il conclu.
Source : Rfi.fr
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