Les soldats français de l’opération Barkhane ont remis les clés de leur camp, le 13 juin, à leurs homologues maliens. Un départ qui s’inscrit dans le cadre du désengagement français au Mali. C’est l’avant-dernière étape avant le transfert de la base de Gao prévu à la fin de l’été. Un départ qui intervient alors que les attaques terroristes se poursuivent, notamment dans les régions frontalières du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Si la presse malienne applaudit ce départ, à l’instar de la junte au pouvoir, les journaux burkinabé et nigériens s’inquiètent…
Un vide…
« Ça tue au Sahel et Barkhane plie bagage au Mali ! », déplore ainsi WakatSéra. « Alors que les pays africains frappés par le terrorisme ont davantage besoin d’unir leurs forces en s’appuyant sur de solides et efficaces partenariats d’État à État avec les puissances du nord, la junte malienne décide de se retirer du G5 Sahel et contraint Barkhane à se désarticuler au Mali pour se réarticuler ailleurs. Pas plus tard qu’hier, pointe le site burkinabé, l’armée française a (donc) remis officiellement aux Forces armées du Mali les clés de la base militaire de Ménaka, dans le nord-est du pays. Pourtant, la force française, vouée aux gémonies, est celle dont les éléments, en collaboration avec les armées locales, étaient des épouvantails pour les terroristes, notamment ceux qui infestent la zone des Trois frontières. Une fois de plus, s’exclame WakatSéra, on ne peut qu’appeler à la mutualisation des forces et des stratégies, comme l’a souhaité (jeudi dernier) le président nigérien, Mohamed Bazoum, dans le désormais célèbre "Appel de Téra" pour faire front commun contre l’hydre terroriste. »
Le pari de Mohamed Bazoum
Justement, s’interroge Jeune Afrique : « drones turcs, formations européennes, troupes françaises… Mohamed Bazoum parviendra-t-il à remporter le pari de l’internationalisation du conflit sahélien ? (…) Mohamed Bazoum assume le pari de présenter le Niger comme le "dernier bastion" démocratique de la zone des trois frontières, en se montrant très critique vis-à-vis d’un Burkina Faso impuissant et d’un Mali infiltré par les Russes de Wagner. Du côté de l’opposition, certains n’hésitent pas à qualifier le chef de l’État nigérien de "vassal des Français", en particulier sur les réseaux sociaux où le sentiment anti-occidental a le vent en poupe ».
C’est pourquoi, pointe Jeune Afrique, « le président nigérien et ses proches s’activent à garder désamorcée la bombe du sentiment anti-français. "C’est en partie pour cela que nous souhaitons privilégier un déploiement en dehors de Niamey, dans des bases de taille restreinte", explique un gradé nigérien. (…) Dépendant en grande partie des technologies françaises et américaines, le chef de l’État nigérien espère que les nouveaux drones turcs (qu’il vient de recevoir) viendront lui procurer une certaine autonomie. Et il sait qu’il doit disposer du plus de cartes possibles dans la guerre qui l’oppose à l’État islamique, afin de le frapper militairement ou bien de le forcer à un dialogue entamé discrètement ces derniers mois. »
Le chaos démocratique aggrave le risque de crise alimentaire…
Crise sécuritaire au Sahel, donc, mais aussi risque de crise alimentaire… C’est ce que souligne Le Monde Afrique : « destruction de terres arables, augmentation de la demande, conditions climatiques dégradées… Sans compter le chaos, conjoncturel, lié à la paralysie des ports ukrainiens de la mer Noire d’où partaient 95 % des céréales de ce deuxième producteur mondial. (…) Difficile pour les États sahéliens, parmi les plus pauvres de la planète, d’amortir les chocs alors que la majorité de la population vit au jour le jour. Mais pour la Guinée, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad s’ajoute une autre difficulté, relève Le Monde Afrique : celle du manque de légitimité des pouvoirs militaires installés par des coups d’État, pour gérer cette situation sociale déjà tendue, que la guerre en Ukraine place au bord de la rupture. (…) Alors que les militaires jurent n’être là que pour sauver la nation, il est difficile de discerner dans leurs projets d’avenir autre chose que la volonté de conserver ce dont ils se sont emparés, estime encore Le Monde Afrique. (…) Les juntes ne sont probablement pas les mieux outillées pour gérer cette crise inédite depuis plusieurs dizaines d’années en Afrique. »
Un vide…
« Ça tue au Sahel et Barkhane plie bagage au Mali ! », déplore ainsi WakatSéra. « Alors que les pays africains frappés par le terrorisme ont davantage besoin d’unir leurs forces en s’appuyant sur de solides et efficaces partenariats d’État à État avec les puissances du nord, la junte malienne décide de se retirer du G5 Sahel et contraint Barkhane à se désarticuler au Mali pour se réarticuler ailleurs. Pas plus tard qu’hier, pointe le site burkinabé, l’armée française a (donc) remis officiellement aux Forces armées du Mali les clés de la base militaire de Ménaka, dans le nord-est du pays. Pourtant, la force française, vouée aux gémonies, est celle dont les éléments, en collaboration avec les armées locales, étaient des épouvantails pour les terroristes, notamment ceux qui infestent la zone des Trois frontières. Une fois de plus, s’exclame WakatSéra, on ne peut qu’appeler à la mutualisation des forces et des stratégies, comme l’a souhaité (jeudi dernier) le président nigérien, Mohamed Bazoum, dans le désormais célèbre "Appel de Téra" pour faire front commun contre l’hydre terroriste. »
Le pari de Mohamed Bazoum
Justement, s’interroge Jeune Afrique : « drones turcs, formations européennes, troupes françaises… Mohamed Bazoum parviendra-t-il à remporter le pari de l’internationalisation du conflit sahélien ? (…) Mohamed Bazoum assume le pari de présenter le Niger comme le "dernier bastion" démocratique de la zone des trois frontières, en se montrant très critique vis-à-vis d’un Burkina Faso impuissant et d’un Mali infiltré par les Russes de Wagner. Du côté de l’opposition, certains n’hésitent pas à qualifier le chef de l’État nigérien de "vassal des Français", en particulier sur les réseaux sociaux où le sentiment anti-occidental a le vent en poupe ».
C’est pourquoi, pointe Jeune Afrique, « le président nigérien et ses proches s’activent à garder désamorcée la bombe du sentiment anti-français. "C’est en partie pour cela que nous souhaitons privilégier un déploiement en dehors de Niamey, dans des bases de taille restreinte", explique un gradé nigérien. (…) Dépendant en grande partie des technologies françaises et américaines, le chef de l’État nigérien espère que les nouveaux drones turcs (qu’il vient de recevoir) viendront lui procurer une certaine autonomie. Et il sait qu’il doit disposer du plus de cartes possibles dans la guerre qui l’oppose à l’État islamique, afin de le frapper militairement ou bien de le forcer à un dialogue entamé discrètement ces derniers mois. »
Le chaos démocratique aggrave le risque de crise alimentaire…
Crise sécuritaire au Sahel, donc, mais aussi risque de crise alimentaire… C’est ce que souligne Le Monde Afrique : « destruction de terres arables, augmentation de la demande, conditions climatiques dégradées… Sans compter le chaos, conjoncturel, lié à la paralysie des ports ukrainiens de la mer Noire d’où partaient 95 % des céréales de ce deuxième producteur mondial. (…) Difficile pour les États sahéliens, parmi les plus pauvres de la planète, d’amortir les chocs alors que la majorité de la population vit au jour le jour. Mais pour la Guinée, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad s’ajoute une autre difficulté, relève Le Monde Afrique : celle du manque de légitimité des pouvoirs militaires installés par des coups d’État, pour gérer cette situation sociale déjà tendue, que la guerre en Ukraine place au bord de la rupture. (…) Alors que les militaires jurent n’être là que pour sauver la nation, il est difficile de discerner dans leurs projets d’avenir autre chose que la volonté de conserver ce dont ils se sont emparés, estime encore Le Monde Afrique. (…) Les juntes ne sont probablement pas les mieux outillées pour gérer cette crise inédite depuis plusieurs dizaines d’années en Afrique. »
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