Le directeur général de l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), Dr Samba Ka, a qualifié cette nouvelle orientation de « véritable acte de rupture » avec les approches passées, dans un contexte marqué par la baisse de la consommation de poisson et la pression croissante sur les ressources halieutiques.
Selon lui, la consommation annuelle de poisson par habitant au Sénégal est passée d’environ 29 kg en 2008 à moins de 16 kg depuis 2018, sous l’effet combiné de la surexploitation des ressources marines et des conséquences du changement climatique.
« Face à cette situation, l’aquaculture n’est plus une option, mais un impératif stratégique », a soutenu le responsable.
Le nouveau plan stratégique vise à porter la production aquacole nationale à 20 000 tonnes d’ici 2030, contre 3 049 tonnes enregistrées en 2025. Cette ambition repose sur quatre axes stratégiques, déclinés en 11 objectifs et 60 actions opérationnelles.
Le premier axe concerne le renforcement de la gouvernance et l’application effective du cadre législatif existant. Il prévoit également une meilleure planification territoriale avec l’aménagement de zones dédiées à l’aquaculture.
Le deuxième axe porte sur le développement des capacités techniques. L’ANA prévoit notamment de former plus de 10 000 acteurs du secteur, de sécuriser l’approvisionnement en alevins avec une capacité nationale de plus de 52 millions d’unités par an et de développer une industrie locale d’aliments aquacoles afin de réduire la dépendance aux importations.
Le troisième axe met l’accent sur la création de valeur et d’emplois territorialisés, particulièrement dans les zones rurales et estuariennes.
« Nous projetons la création de plus de 6 000 emplois directs et indirects, majoritairement dans les zones rurales et estuariennes. Des emplois non délocalisables, profondément ancrés dans nos terroirs », a déclaré Dr Samba Ka, estimant que cette dynamique s’inscrit dans la vision Sénégal 2050 fondée sur une économie endogène.
Le quatrième axe vise la mobilisation des financements nécessaires à la mise en œuvre du plan. Le portefeuille global du PSD-Aquaculture est estimé à 36,51 milliards de francs CFA.
Les autorités sénégalaises misent ainsi sur l’investissement privé et les partenariats public-privé pour accompagner le développement du secteur.
« Nous voulons faire de l’aquaculture un secteur lisible, sécurisé et rentable pour les investisseurs », a indiqué le directeur général de l’ANA, précisant que l’agence entend désormais se concentrer davantage sur la régulation, la planification et l’encadrement technique, tout en laissant les activités productives au secteur privé.
Selon les responsables du secteur, le PSD-Aquaculture 2026-2030 doit contribuer à renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal, créer des emplois décents et soutenir le développement équilibré des territoires.
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