Une affaire de soustraction d'enfant secoue actuellement l'opinion publique mauritanienne. Raghya Mint Mohamedou Ould Khouna a lancé un appel public désespéré concernant sa fille de cinq ans, Amira Abdallahi Diagne, emmenée au Sénégal par son père.
Selon les médias mauritaniens, les faits se sont produits le 21 septembre 2026 en plein cœur de Nouakchott, devant le domicile du grand-père à Tevragh Zeina, près de la mosquée Cheikh Mohamed El Hassan Ould Dedew. La scène, captée par des caméras de surveillance et largement relayée sur les réseaux sociaux, a rapidement provoqué une vive émotion.
Dans un premier temps, ignorant l'identité de la personne ayant emmené l'enfant, la mère affirme avoir vécu « des moments de terreur, craignant que sa fille ait été victime d’un enlèvement criminel ».
Les recherches entreprises par la famille ont ensuite permis d'identifier le père : un ressortissant sénégalais et ex-conjoint de la plaignante qui, selon les éléments rapportés, exercerait les fonctions de procureur de la République au Sénégal. Saisie d'une plainte, la justice aurait permis d'entrer en contact avec lui ; il aurait reconnu être l'auteur du déplacement tout en affirmant que l'enfant « ne retournerait pas en Mauritanie ».
Le dossier a pris une dimension nationale grâce à la mobilisation de personnalités publiques. Dans une lettre ouverte adressée au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Raghya Mint Mohamedou Ould Khouna assure qu’elle « ne cherche pas à priver le père de sa relation avec sa fille et qu’elle ne s’oppose pas à ce qu’il saisisse la justice pour faire valoir d’éventuels droits de garde ». Elle insiste simplement pour que ce litige familial soit traité dans le strict respect des voies légales et de la coopération bilatérale.
Au-delà de cette affaire, l'implication de ce haut fonctionnaire de la justice sénégalaise pose des questions institutionnelles et diplomatiques majeures entre Dakar et Nouakchott. La mère conteste fermement la méthode employée, estimant qu'un différend de garde ne saurait justifier qu'un représentant de la loi s'affranchisse des frontières d'un État voisin.
Les médias mauritaniens et la plaignante s'interrogent ainsi sur la légitimité d'un magistrat qui « pourrait considérer qu’un différend relevant de la justice peut être réglé personnellement, sur le territoire d’un État voisin », appelant les autorités des deux pays à intervenir.
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