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Afrique de l'Est: la crise alimentaire progresse dangereusement

Le spectre de la famine plane sur l’Afrique de l’Est. L'état de famine a été déclaré au Soudan du Sud il y a deux semaines et l’état de « catastrophe nationale » en Somalie. La situation est mauvaise également en Ethiopie, en Ouganda, au Kenya et dans une moindre mesure, en Tanzanie. La faute à la sécheresse qui frappe depuis trois ans tout l’est du continent mais aussi, en Somalie et au Soudan du Sud, aux crises politico-sécuritaires majeures qui secouent ces deux derniers pays.



Afrique de l'Est: la crise alimentaire progresse dangereusement
Douze millions de personnes sont concernées par cette crise alimentaire qui sévit principalement dans six pays de l’Afrique de l’Est : la Somalie, le Soudan du Sud, l'Ethiopie, l'Ouganda, Djibouti, le Kenya et dans une moindre mesure la Tanzanie.

Les facteurs climatiques sont cités comme principale cause par les organisations non gouvernementales. La sécheresse s’abat sur la Corne de l’Afrique et ce pour la troisième année consécutive. Or, dans cette région, les habitants sont pour la plupart des éleveurs et des cultivateurs.

Pour le secrétaire général de l’ONU, c’est une tragédie et pour éviter qu’elle devienne une catastrophe, il faut mobiliser 4,4 milliards de dollars.

 Agir vite et éviter les erreurs de 2011 en Somalie

Parmi les pays touchés par la famine, la situation est encore plus amplifiée en Somalie et au Soudan du Sud du fait des conflits. La Somalie, où se situe l’épicentre de la sécheresse, est sous l’emprise du groupe terroriste islamiste al-Shabab, proche d’al-Qaïda. Des milliers de Somaliens quittent donc le nord-ouest du pays pour se réfugier en Ethiopie voisine frappée elle aussi par la crise.

Le président Somalien a déclaré la sécheresse « catastrophe nationale » la semaine dernière, tandis que l'ONU a fait un appel à don de 825 millions de dollars pour commencer les distributions d'argent et de nourriture dans le pays avant qu'il ne soit trop tard.

Près de 3 millions de Somaliens ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire d'urgence selon l'ONU et 3 autres millions sont en situation de risque majeur. Tout le pays est touché, et dans les zones rurales, le bétail meurt, les populations migrent vers les puits et les villes entraînant des tensions communautaires. Et sur les marchés, les prix s'envolent.

Plusieurs ONG, comme le Comité international de la Croix Rouge, ont déjà commencé à distribuer de la nourriture. « Il faut agir vite », prévient Jordi Raich, chef de la délégation du CICR en Somalie, pour éviter la répétition de la famine de 2011 qui avait tué 260 000 personnes. « En 2011, on a fait beaucoup de fautes, on a pas réagi assez vite. Quand on a réagi, c’était trop tard. Cette année, il n’est pas encore trop tard mais il faut tout faire pour que 2011 ne se répète pas. »

Sur les 825 millions demandés par l'ONU aux bailleurs, seuls 100 millions sont arrivés, 300 autres millions sont attendus d'ici avril. Abdurahman Sharif, directeur du consortium des ONG somaliennes, s'inquiète des modalités de distribution de cette aide humanitaire.

« On a des check-points, par exemple de Mogadiscio à Baidoa, etc, presque à chaque 10 ou 20 kilomètres. Donc on a demandé au gouvernement d’intervenir pour qu’il n’y ait pas ces blocages sur les routes. L’autre problème, c’est qu’on n’a pas de visibilité au niveau international sur est-ce que les agences humanitaires peuvent négocier l’accès pour pouvoir distribuer des besoins humanitaires dans les territoires contrôlés par al-Shabab. »

Le sud de la Somalie reste en grande partie inaccessible aux travailleurs humanitaires. Les ONG utilisent cette année le transfert d'argent via téléphone portable pour atteindre les populations isolées.

rfi.fr

Lundi 6 Mars 2017 - 09:37



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