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Aux confins nord du Cameroun, une commune enclavée sous une pression jihadiste constante

Aux confins du Cameroun, du Nigeria et du Tchad, la population est prise en étau. Dans la partie la plus septentrionale de la région camerounaise de l'Extrême-Nord, Darak reste en effet sous la pression de l’État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) et ce depuis des mois. Cette commune, composée d'une constellation d'îlots sur le lac Tchad, se trouve dans une zone difficile d'accès. L’Iswap y revendique le projet d'en chasser les autorités administratives et les militaires pour l'annexer.



Sur les marchés et auprès des pêcheurs qu'ils rançonnent, les hommes du groupe État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) diffusent une propagande hostile à l'État du Cameroun.
 
Le 5 février 2026, ils ont pris pour cible la mairie de Darak et la délégation de l'élevage, malgré la présence de militaires. Il n’y a eu aucune victime civile dans l'attaque, mais le déplacement d'environ 2 000 habitants.
 
Et, depuis des mois, Célestin Delanga chargé de recherche à l'Institut d'études de sécurité (ISS), de l’équipe Bassin du Lac Tchad, basé à Maroua (dans la région de l'Extrême-Nord), constate une hausse des taxes imposées aux populations.
 
« L'État y est faible, ce qui est à l'avantage de l'Iswap »
« La raison, c’est que le groupe voudrait s'étendre du côté du Nigeria, au-delà du nord-est originel, explique-t-il au micro d’Amélie Tulet. Il leur faut de l'argent. Or, le Nigeria a entrepris un certain nombre de mesures pour combattre le financement des groupes armés, notamment Iswap. Et donc, le Cameroun est une très belle alternative dans la mesure où la zone de Darak est une zone hautement stratégique en matière de commerce transfrontalier, en matière de pêche, de l'élevage. Et l'État y est faible, dans la mesure où c'est une zone enclavée, ce qui est à l'avantage de l'Iswap ».
 
La zone, accessible uniquement en pirogues, a été peu fréquentée aux débuts du groupe jihadiste Boko Haram, ce qui a permis aux poissons de proliférer. Elle attire donc les pêcheurs, qui, pour survivre, doivent composer avec l’Iswap.
 
Yaoundé a lancé l'opération « Bassin du Lac Tchad », confiée au Bataillon d'intervention rapide (BIR), qui devrait, selon Célestin Delanga, davantage collaborer avec le Nigeria voisin.

RFI

Mardi 23 Juin 2026 - 10:47


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