Le Collectif des familles propriétaires de droits coutumiers de la Bande verte de Yoff appelle le président de la République à ouvrir un dialogue sur le statut foncier de cette zone, intégrée au périmètre de l'aéroport militaire Léopold Sédar Senghor par le décret n° 2026-1076 du 18 mai 2026. Le collectif estime que cette décision porte atteinte aux droits coutumiers des familles Lébou de Yoff et annonce qu'il pourrait introduire un recours devant la Cour suprême si aucune solution n'est trouvée.
Dans un communiqué signé par son président, Matar Diène, également président de la Coopérative des Cadres Lébou de Yoff, le collectif exprime sa « profonde préoccupation » face à l'intégration de la Bande verte dans l'emprise de l'aéroport militaire. Selon lui, les terres concernées sont occupées et exploitées depuis plusieurs générations par des familles lébou qui ont engagé, depuis de nombreuses années, des procédures de régularisation auprès de l'administration.
‘’La Bande verte est située en bordure de l'aéroport Léopold Sédar Senghor, parallèlement à la piste principale 18/36, à environ 200 mètres de son axe. Elle s'étend sur 3 490 mètres de long et 150 mètres de large, pour une superficie totale de 36 hectares, 89 ares et 81 centiares’’, lit-on dans le communiqué.
Le collectif soutient que l'évolution des installations aéroportuaires, notamment le déplacement du système VOR et le changement de fonction de l'aérogare, fait que cette emprise ne serait plus indispensable à la sécurité ou au fonctionnement de l'aéroport. Il estime que cette situation ouvre la voie à une autre affectation de ces terrains.
À l'appui de cette position, le communiqué rappelle que la Bande verte a déjà été envisagée pour plusieurs projets d'intérêt général. Elle devait notamment accueillir le recasement de populations touchées par les démolitions derrière la cité Tobago, sur instruction du président de la République. La Collectivité Lébou de Yoff avait également sollicité une partie de cette emprise pour la réalisation d'un cimetière musulman destiné à répondre aux besoins de la population locale.
Pour le collectif, ces projets démontrent que la Bande verte n'a jamais été considérée comme une emprise exclusivement militaire ni comme un espace définitivement soustrait à d'autres usages d'intérêt public.
Les représentants des ayants droit estiment ainsi que le décret du 18 mai 2026 soulève des interrogations sur le respect des droits coutumiers et sur la cohérence des décisions successives prises par les pouvoirs publics concernant cette zone.
Le collectif affirme privilégier le dialogue et dit rester attaché au respect des institutions de la République. Il sollicite l'ouverture de discussions avec les plus hautes autorités de l'État afin de réexaminer la situation de la Bande verte et de rechercher une solution conciliant les impératifs de l'État et les droits des familles concernées.
À défaut d'un règlement dans un délai jugé raisonnable, le collectif annonce son intention de saisir la Cour suprême d'un recours en annulation partielle du décret n° 2026-1076 du 18 mai 2026, en ce qu'il intègre dans le périmètre de l'aéroport militaire des terrains faisant l'objet de droits coutumiers et de demandes de régularisation anciennes.
Enfin, le collectif affirme que « la justice foncière, le respect des engagements de l'administration et la protection des droits des citoyens constituent les fondements indispensables de l'État de droit et de la confiance entre les institutions et les populations ».
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