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Bénin: la libération d’Ignace Sossou

« Mon état d’esprit, c’est celui de quelqu'un qui vient de passer six mois en prison. La prison n’est pas un palace. J’ai essayé de m’adapter. » Maintenant, « je vais m’entretenir avec mon patron qui certainement a un projet pour moi. Dans le cas contraire, je me remets à écrire comme tout bon journaliste. »



Bénin: la libération d’Ignace Sossou
Voilà les premiers mots d’Ignace Sossou, à sa sortie de la prison civile de Cotonou hier mercredi. Des propos rapportés par le site d’information béninois Banouto.
 
Le journaliste béninois avait été « condamné, rappelle La Nouvelle Tribune, pour avoir publié des tweets sur des déclarations du procureur du tribunal de Cotonou. Il lui était reproché de les avoir mal interprétés. Il avait été condamné en première instance à 18 mois de prison ferme pour "harcèlement par le biais de moyens de communication électronique". Il avait obtenu une remise de peine à l’issue de son procès en appel. »
 
Politiquement incorrect…
 
En fait, précise L’Observateur Paalga à Ouagadougou, « les malheurs de Sossou commencent quand, au cours d’un séminaire organisé par CFI, il relaie sur ses pages Facebook et Twitter les propos du procureur Mario Métonou, plutôt critiques vis-à-vis de l'attitude du pouvoir béninois sur la liberté d'expression. "La coupure d’Internet le jour du scrutin (législatif) du 28 avril est un aveu de faiblesse des gouvernants", aurait notamment déclaré le procureur, qui n’a pas démenti cela. Des propos sortis de leur contexte, jure le magistrat qui traîne à la barre l’employé de Bénin Web TV pour harcèlement numérique. Un délit qui, selon l’accusation, aurait causé une "détresse émotionnelle" au plaignant. En réalité, pointe L’Observateur, le requérant a dû se rendre compte après coup de la gravité de ses propos, politiquement incorrects pour un magistrat de son rang ayant de surcroît des relations hiérarchiques avec la chancellerie. Tout s’est donc passé comme s’il avait battu sa coulpe sur la poitrine du pauvre journaliste qui n’était d’ailleurs pas le seul à publier les extraits incriminés. »
 
Journaliste : un métier à hauts risques au Bénin
 
Commentaire du Pays, toujours au Burkina : « cette liberté retrouvée d’Ignace Sossou est un ouf de soulagement pour sa corporation mais aussi et surtout pour l’ensemble des défenseurs de la liberté d’expression.
 
Cela dit, poursuit le quotidien burkinabé, en attendant qu’Ignace Sossou reprenne la plume, sa détention prolongée en prison doit pousser à la réflexion sur les conditions d’exercice du métier de journaliste au Bénin. Car, tout laisse croire que le journalisme est devenu un métier à hauts risques dans ce pays. Certes, pour le pouvoir béninois, le journaliste a été condamné pour un délit de droit commun. Mais personne n’est dupe, estime Le Pays. Tout porte à croire qu’il pourrait avoir payé pour ses prises de position tranchées vis-à-vis du pouvoir de Patrice Talon qui se montre de plus en plus hostile à la critique. »
 
Aujourd’hui, autre quotidien ouagalais, enfonce le clou : « Politiquement, le Bénin a régressé, le phare démocratique de la sous-région est devenu blafard, car lorsqu’on tient des élections sans l’opposition, tout en écartant le principal opposant, Sébastien Ajavon, par l’épée de la justice, (encore !) ; par un exil, tout en phagocytant des partis jadis de l’opposition qui deviennent des formations croupionnes, on ne doit pas s’étonner que la justice prenne une coloration de ce genre. »
 
Et puis toujours à propos de la liberté de la presse : au Maroc : « Le journaliste d’investigation Omar Radi est convoqué par la police », pointe Le Monde Afrique.
 
« Omar Radi, journaliste et militants des droits de l’homme, avait été condamné en début d’année au Maroc pour un Tweet critiquant la justice de son pays », rappelle Le Monde Afrique. Et « il y a deux jours, Amnesty International publiait un rapport mettant en avant la responsabilité de l’État marocain dans l’espionnage du journaliste. Son téléphone portable avait été piraté par le biais d’une attaque informatique sophistiquée. Selon les constatations techniques d’Amnesty, seul l’État marocain était capable de mettre en œuvre cette attaque. »
 
Pour les autorités, si Omar Radi est convoqué par la police, c’est qu’il serait « impliqué dans une affaire d’obtention de financements de l’étranger, en relation avec des services de renseignement. »
 
Accusation qualifiée de « ridicule » par le journaliste. « Ma convocation est clairement lié aux récentes révélations d’Amnesty International sur le fait que mon téléphone a été espionné par les autorités marocaines, affirme-t-il. Je n’ai peur de rien, j’y vais la tête haute, poursuit Omar Radi. Mon but, c’est de révéler à travers mon journalisme les injustices et la vraie réalité du Maroc, et militer pour un Maroc meilleur en tant qu’activiste. »

RFI

Jeudi 25 Juin 2020 - 09:25



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