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Chronique: Branle-bas de combat vers 2012



Chronique: Branle-bas de combat vers 2012
Que faut-il faire pour contenir l’accès de fièvre qui s’est littéralement emparé de notre classe politique, ces derniers jours ? Réponse difficile. On dirait que 2012, c’est demain la veille ! Les lancinantes attentes populaires aux plans social et économique peuvent encore garder leur mal en patience. Elles passent après les agendas politiques et même après la situation dans les deux Guinée. Bissau et Conakry où le président s’est récemment rendu désertant une bonne partie du pays qui vit sous les eaux stagnantes, verdâtres, propices aux épidémies et tuantes.

Depuis le retour de vacances du président Wade, les hommes et femmes politiques de notre pays sont piqués au vif par une montée soudaine d’adrénaline. Son bord politique jadis liquéfié par les révélations dérangeantes du livre d’Abdou Latif Coulibaly semble se réveiller, comme par enchantement, de sa torpeur hivernale aggravée par les inondations et les coupures intempestives de courant. C’est le branle-bas de combat entre audiences crépusculaires, sorties courroucées d’ex-égéries libérales, suppression théorisée du second tour et candidature plus surprenante que « nécessaire » du leader du Sopi. C’est la grande battue pour conserver un pouvoir qui menace de filer entre des doigts jugés « inexperts ».

Du côté de l’opposition, requinquée par l’incurie dans la gestion des intempéries et de l’approvisionnement électrique préférés à des monuments somptuaires, on n’est pas en reste. Quand on n’exige pas le départ illico presto du Chef de l’Etat pour « incompétence notoire » ou « abandon de poste », on réclame à tout le moins qu’il organise des élections anticipées pour « abréger les souffrances » d’un peuple en danger et non assisté. Mais les aspirants au pouvoir ne s’accordent pas encore sur les voies et moyens d’aller au prochain scrutin pour s’assurer de la victoire sur le camp libéral.

2012 vaut donc toutes les batailles et autorise tous les arguments y compris les plus simplistes. C’est ainsi qu’on a pu entendre de la bouche du ministre de l’Education Kalidou Diallo que Wade doit faire 19 ans au pouvoir au même titre que Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. Comparaison déraisonnable. Quand ils accédaient au pouvoir, le premier avait 54 ans (1906-1960) et le second (1935-1981) totalisait à peine 46 alors que leur successeur Wade (1926-2000) en avait 74. En 2012, il en aura 86 et 93 à la fin de son mandat s’il venait à être élu. C’est une mauvaise leçon que le professeur d’histoire a voulu seriner à l’opinion publique. Il faut vraiment avoir de la pitié pour Wade en lui évitant un combat de trop plus qu’hypothétique. Senghor avait l’habitude de dire avec ironie : « il ne faut pas racler l’écuelle du pouvoir ». Il s’est appliqué sa propre maxime ignorée par Diouf qui a été sorti contre sa volonté du pouvoir. Heureusement qu’il a su prendre de la hauteur en restituant pacifiquement le pouvoir.

Si le Pds et ses alliés s’accrochent comme une bouée de sauvetage à la candidature problématique de Wade, c’est que les pistes agitées (Karim et Idy) ont fait l’objet, soit de rejet, soit de consensus impossible. Il devient ainsi un candidat par défaut pour espérer garde le pouvoir.

L’opposition n’est pas, elle aussi, à l’abri d’un désarroi existentiel. Malgré son coup d’essai réussi aux locales de mars 2009, elle a du mal à accorder ses violons pour 2012 au regard des fortes ambitions affichées ça et là. Certains prônent la candidature unique alors que d’autres plaident pour les présentations multiples afin de ratisser large. Chacun croit à sa bonne étoile et à son destin présidentiel comme, du reste, au Gabon. La pléthore de candidats pensaient, chacun en ce qui le concerne, être l’homme ou la femme providentiel, seul digne de succéder au « doyen » Bongo au Palais du bord de mer. On connaît la suite.
Abdoulaye SYLLA
syllaye@gmail.com

Abdoulaye Sylla

Mardi 15 Septembre 2009 - 09:07


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