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Chronique: De guerre lasse



Chronique: De guerre lasse
Le lancinant conflit casamançais ne cessera de nous scandaliser. A juste titre, d’ailleurs. La comptabilité macabre qui en découle ne peut vraiment pas laisser indifférent. Si ce ne sont pas des personnes innocentes qui sont tuées par des bandits armés, ce sont de valeureux militaires sénégalais qui trouvent la mort sur le champ de bataille contre des combattants difficilement identifiables que l’on appelle trivialement rebelles. A chaque moment où l’on guette une accalmie, le langage des munitions devient plus cacophonique.

Bientôt, cette guerre, la plus ancienne en Afrique, totalisera 30 ans de drames et de tragédies innommables au détriment de toute la nation. Le Sénégal aura payé un lourd tribut à ce conflit qui n’a que trop duré ! La belle et verte Casamance, jadis grenier du Sénégal est devenue exsangue, à presque tous les niveaux, en raison du flot de sang déversé sur elle.

Ceux qui ont pris les armes, soit disant, pour la libérer se trompent lourdement de combat. Si les raisons qui motivent leur soulèvement sont compréhensibles, la méthode qu’ils ont utilisée est, en revanche, irrecevable. Réclamer plus de considération de la part des autorités pour la région naturelle du Sud est certes légitime mais cela ne peut aucunement justifier qu’on décide de s’engager dans le maquis pour une sordide partition du pays. Nos Etats sont déjà suffisamment balkanisés, pour reprendre le mot de Senghor. Inutile alors de vouloir en rajouter une nouvelle couche par de nouvelles indépendances factices et irréalistes.

Il faut donc abandonner cette idée séparatiste mère de cette guerre illusoire qui ne mène à rien si ce n’est au déchirement, au gaspillage d’énergies et à la tension inutile. Ce pays a besoin de tous ses fils et filles pour son développement. Le dépôt des armes s’avère plus qu’obligatoire au profit du combat pacifique pour l’épanouissement de la Casamance. Cela est d’autant plus nécessaire que depuis 1982, la rébellion n’a pu contrôler la plus petite portion du territoire national. C’est donc un combat vain qui ne mérite plus aucun sacrifice.

La solution est donc politique et économique, en ce sens que les pouvoirs publics du Sénégal doivent utiliser la force de l’argument pour achever les négociations avec les insurgés qui le veulent sans chercher à laisser pourrir la situation. Contre ceux-là qui veulent continuer la guerre pour la scission du pays, seul l’argument de la force pourra réfréner les ardeurs. La responsabilité du gouvernement est donc très grande pour le règlement définitif de cette crise. Il ne doit tolérer, encore moins encourager une quelconque complaisance qui ferait de ce conflit une affaire politicienne ou un business pour enrichir des gens qui ne se soucient pas des nombreuses vies perdues à cause de cette sale guerre.

Abdoulaye SYLLA (syllaye@gmail.com)

Lundi 29 Mars 2010 - 10:56


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