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Chronique: Enlever le plomb des ailes de Sénégal Airlines



Chronique: Enlever le plomb des ailes de Sénégal Airlines
Disons-le tout net. L’annonce de la mise en place du capital de la nouvelle compagnie aérienne Sénégal Airlines (S.A) est une belle éclaircie dans le ciel grisâtre du Sénégal. Voilà plusieurs mois que la flotte aérienne du Sénégal a baissé pavillon, accentuant ainsi l’enclavement d’une bonne partie du pays et plombant des pans entiers de l’économie nationale, notamment le tourisme en Casamance. Le tour de table des bailleurs de fonds a permis de mobiliser environ 17 milliards de FCFA, selon le ministère des transports aériens. 64 % du capital de Sénégal Airlines sera détenu par le secteur privé, contre 34 % pour l’Etat. Le reste du capital, soit 5 %, reviendra au personnel de la nouvelle compagnie. La géographie du capital semble intéressante eu égard à la part importante qu’y occupe le secteur privé national. Signe que c’est un engagement patriote d’entrepreneurs sénégalais à faire fructifier leurs billes et à lutter contre toute mauvaise gestion qui serait préjudiciable à leur patrimoine investi. L’Etat de son côté a fait savoir qu’il ne fera pas preuve d’interventionnisme dans l’administration de la nouvelle société. Dont acte. Sa part relative peut l’y aider.

Mais ce joli tableau aurait pu l’être davantage si la confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) avait été associée au moment du bouclage du capital de départ. Ce syndicat patronal avait bel et bien sa place si l’on se fie à sa représentativité à côté du CNP (Conseil national du patronat). Une erreur qui doit être corrigée. De même que celle de l’absence des travailleurs à la cérémonie de présentation des couleurs et du capital de Sénégal Airlines. On pourra nous rétorquer que la société n’a pas encore de travailleurs. Mais le symbolisme voudrait que le Syndicat des transports aériens dirigé par Baïla Sow ou des délégués du personnel de l’ex-Air Sénégal International soient conviés à la rencontre pour ne pas donner l’impression d’un largage en plein vol. D’autant plus que les autorités avaient promis de reprendre dans le personnel de la nouvelle compagnie une partie des travailleurs. 5% du capital leur est aussi dédié.

Sénégal Airlines ne réussira pas sa mission, rendue difficile par la perte de parts de marchés consécutive à la disparition d’Air Sénégal international, en sous estimant ses futurs employés, collaborateurs incontournables. Une société se développe et par des ressources financières et par des ressources humaines, surtout. D’où la nécessité de bâtir le management de S.A sur une approche participative et inclusive. Une chose est de créer une société, une autre est de la faire marcher et bien marcher. Par ses hommes et ses femmes et par une gouvernance saine et rationnelle aux antipodes de la gabegie et du népotisme. Il faudra d’abord à Sénégal Airlines des avions suffisants -4 au moins et en bon état, disent les experts pour un bon décollage.

Le secteur privé doit maintenant prendre ses responsabilités en effilochant le cordon ombilical qui l’a lié dans le nouage de ce projet à la tutelle qui doit se suffire d’avoir mis le cadre. L’Etat, même garant du droit au déplacement aérien des sénégalais ne doit pas céder au paternalisme envers les nouveaux promoteurs de S.A. Les mauvaises expériences d’Air Afrique et d’Air Sénégal International sont encore fraîches dans les mémoires pour nous éviter cette « inflation d’Etat » dans la gestion de compagnies aériennes. L’Etat traîne encore les passifs financiers et sociaux qui en ont résulté. Le concept du « moins d’Etat, mieux d’Etat » cher aux libéraux est valable dans le cas d’espèce.

Ce qui est attendu de l’Etat, c’est d’accorder des avantages et préférences légaux à la nouvelle compagnie. Bannir les actions peu citoyennes constatées naguère. C’est le cas de la disqualification d’Air Sénégal du marché de l’acheminement des pèlerins à la Mecque en 2008 au profit d’opérateurs incompétents. Cela a été une erreur monumentale et fatale. De même, certaines autorités ont la fâcheuse tendance à voyager avec d’autres compagnies au détriment de la national, ce qui lui provoque un véritable manque à gagner. Les dettes de l’Etat vis-à-vis d’Air Sénégal avaient aussi compromis la navigation de la défunte compagnie.

Ce nouveau partenariat Public-Privé doit être, pour tous et chacun dans ce qu’il sait le mieux faire ; un partenariat gagnant-gagnant, win-win, devrions nous dire pour parler anglais comme la dénomination Airlines de l’entreprise. Pourquoi Sénégal Airlines et non pas un nom en français (Sénégal Air) ou dans une langue nationale (Air Teranga ou Teddungal Air). C’est peut-être pour éviter des poursuites judiciaires à incidence financière si le nom ressemblait à celui d’Air Sénégal International ? Allez savoir !


Abdoulaye SYLLA
syllaye@gmail.com

Abdoulaye Sylla

Mardi 10 Novembre 2009 - 12:20


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