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Combattants africains tués sur le front ukrainien: le deuil impossible de familles désemparées

Il y a une dizaine de jours, RFI vous informait de la publication, pour la première fois, d'une liste de combattants africains de l'armée russe tués en Ukraine. Une liste non exhaustive de plus de 300 victimes publiée par le collectif d'investigation All Eyes on Wagner pour permettre aux familles, généralement sans nouvelles depuis des mois, de savoir ce qui est advenu à leurs proches. Depuis, les membres du collectif ont reçu de nombreux messages de familles en deuil ou inquiètes.



« Bonjour. J'ai vu le nom d'un membre de ma famille dans la liste des soldats africains morts en Russie, c'est un Camerounais. Avez-vous plus de détails ? » Depuis la parution de l'enquête sur le « business du désespoir », la boite mail du collectif All Eyes on Wagner se remplit : « Je viens vers vous car mon frère est décédé en Russie selon la liste que vous avez publiée. J'aimerais savoir quelles sont les démarches pour récupérer son corps ? », demande ainsi par courriel une jeune femme.
 
Pour Lou Osborn, de All Eyes on Wagner, ces interpellations illustrent des situations de deuil impossible. « Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent : comment on rapatrie le corps de nos proches ? À qui s'adresser ? Qui a des informations ? Généralement, ils n'ont plus de nouvelles depuis plusieurs mois et il n'y a aucun accompagnement sur le sujet », explique-t-elle.
 
Faire entendre les familles de victimes
« Nous sommes les parents d'Elhadj, en Guinée, je suis le grand frère du défunt, SVP nous voulons plus d'infos, téléphone +224 », détaille une famille dans un mail. « Bonjour, j'ai vu votre liste et le nom de mon père y figure. On m'a dit qu'il allait en Finlande, mais qu'une fois arrivé en Russie, l'agent ne répondait plus au téléphone, qu'on lui a donc proposé un emploi dans l'armée pendant un an. On lui a dit qu'il n'irait pas à la guerre. Je me demandais s'il y a un moyen de récupérer un certificat de décès ou si nous pouvions faire quelque chose. Nous n'avons pas de corps à enterrer. Il laisse derrière lui trois enfants et une épouse en difficulté financière », raconte dans un autre message la fille d'un homme tué en Ukraine.
 
Le collectif a été approché par des journalistes en Gambie ou au Ghana, désireux de faire entendre les familles. Dans d'autres pays, où les autorités se murent dans le silence, les demandes de renseignements se multiplient sur les réseaux sociaux, comme autant de bouteilles jetées à la mer.
 
L'ensemble de l'enquête de All Eyes on Wagner et cette liste de combattants décédés sont à retrouver ici.

RFI

Lundi 23 Février 2026 - 09:45


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