Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)

Départ américain d'Irak: le désarmement des groupes armés chiites repoussé au 30 juin 2027

C'était la contrepartie promise par Bagdad à Washington pour le départ définitif des forces américaines : le désarmement des groupes armés pro-iraniens. Si les derniers contingents américains ont bien quitté le territoire comme prévu le 30 septembre, le Premier ministre irakien a annoncé la nouvelle date butoir du 30 juin 2027 pour neutraliser les groupes armés qui échappent au contrôle de l'État. Mais même ce nouveau délai semble difficile à tenir.



Départ américain d'Irak: le désarmement des groupes armés chiites repoussé au 30 juin 2027
« Le 1er octobre doit marquer le point de départ pour s'attaquer au problème des armes échappant au contrôle de l'État (...) selon une feuille de route claire et une échéance le 30 juin 2027 au plus tard », a déclaré le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi dans un communiqué.

« Conformément au principe constitutionnel, la décision de guerre ou de paix doit relever des autorités constitutionnelles, a-t-il ajouté. Toute action militaire allant à l'encontre de ce principe est proscrite. »

Un accord de 2024 aux résultats mitigés

L'accord entre Washington et Bagdad avait été passé en 2024. L'objectif était de permettre à l'Irak de se libérer de cette guerre indirecte que se menaient les États-Unis et l'Iran sur son territoire. Un processus d'intégration à l'armée des groupes chiites, dont certains suivent la ligne de Téhéran, avait donc été lancé. Certains ont obtempéré, d'autres ont refusé. 

L'agression israélo-américaine sur l'Iran en février visait également leurs positions en Irak, ce qui a remobilisé les forces. Aujourd'hui, les autorités irakiennes affirment que le retrait américain du territoire prive ces groupes armés de prétextes pour conserver leur arsenal. Mais à l'inverse leur départ leur laisse également plus de marge de manœuvre. Mercredi 30 septembre encore, les factions pro-iraniennes ont dit n'être tenues de respecter « aucun calendrier ou accord » pour remettre leurs armes à l'État. 

Le porte-parole militaire des brigades du Hezbollah, Jaafar al-Husseini, a déclaré lors d'une cérémonie célébrant le retrait de la coalition que les factions avaient engagé des discussions sur la « régulation » des armes, sans plus de détails, mais « n'avaient pas encore reçu de réponse du gouvernement irakien ».

Les groupes ont posé des conditions incluant non seulement le retrait des troupes étrangères, mais aussi la fin de l'ingérence politique et économique américaine.

Téhéran, l'obstacle de fond

Les Gardiens de la Révolution iraniens se sont félicités du départ des États-Unis d'Irak : « L'expulsion des États-Unis d'Irak est le fruit de la détermination inébranlable de cette fière nation à défendre son indépendance », ont-ils réagi dans un communiqué. Mais ils ont réitéré leur demande d'un retrait total de la région.

Difficile toutefois d'imaginer l'Iran accepter le désarmement de composantes de son Axe de la résistance. 
 

RFI

Vendredi 2 Octobre 2026 - 13:04