Pour une partie des opposants, la nouvelle assemblée djiboutienne n’a toujours qu’une seule couleur : celle de la majorité. L’ancien Premier ministre, Dileita Mohamed Dileita, a pris la tête de l’institution. Abdourahman Mohamed Guelleh le connaît bien. Le chef de file du parti RADDE (Rassemblement pour l'action, la démocratie et le développement écologique), qui avait boycotté le scrutin, pense que le système se perpétue :
« Je garde son côté humain, aimable. C’est un diplomate très chevronné, un politicien très astucieux. Par contre, au niveau politique, il ne pourra rien faire. Tout est dicté par Ismaïl Omar Guelleh qui a tout verrouillé. Son arrivée à la tête de l’assemblée n’apporte rien en termes politiques.''
Plusieurs opposants même réputés proches du pouvoir n’ont pas pu concourir, à cause de problèmes de procédures ou de frais d’inscriptions trop élevés. Seul le parti UDJ (Union pour la démocratie et la justice) a pu arracher sept sièges. Pour l’opposant Aden Mohamed Abdou, de l’ARD (Alliance républicaine pour le développement), on assiste à un resserrement autour du président Guelleh :
« C’est l’un des fidèles des fidèles du président. Aujourd’hui, au sien du pouvoir, les choses ne vont plus comme avant. Il s’accroche à son cercle le plus proche. Il voulait une assemblée beaucoup à sa botte que l’ancienne. Il se peut qu’il veuille changer la Constitution une nouvelle fois. Pour cela, il a besoin des fidèles qui peuvent travailler avec lui sur ce dossier. »
La Constitution limite à 75 ans l’âge du chef de l’État. Or, « IOG » en aura 78 aux élections de 2026. Pour l’opposition, le président de la République cherche bien à préparer un sixième mandat.
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