Quel genre d’entraîneur est Claudio Ranieri ? Ricardo Faty : Claudio Ranieri est un grand coach. C’est un entraîneur "old school". Pas dans le mauvais sens du terme, mais plutôt dans le sens où il a des valeurs. Il communique beaucoup, il est très franc et n’hésite pas à dire ce qu’il pense. C’est un coach humain, ouvert à la discussion. Il n’est pas borné, ne reste pas campé sur ses positions et surtout, il est très ouvert à la discussion. Les joueurs peuvent le solliciter pour discuter, il ne refusera jamais. Il arrive en fin de carrière donc je pense qu’il s’ouvrira aux autres encore davantage. Quelles sont les chances pour Strasbourg, Amiens et Troyes de se maintenir en Ligue 1 ? Quelles sont ses méthodes de travail au quotidien ? Il n’est pas vraiment différent des autres coaches. Je ne peux pas dire qu’il y a vraiment une "touche Ranieri". En revanche, il y a des aspects sur lesquels il insiste. Il travaille beaucoup le foncier, la puissance physique, le pressing. C’est vraiment son truc. C’est un travailleur. Ce qui fait la différence avec d’autres entraîneurs, c’est qu’il ne laisse rien au hasard. Il est rigoureux, méticuleux et surtout, il se donne toujours à 100%. Que ce soit pour un entraînement de milieu de semaine ou avant un match, pour un décrassage ou pour un match… Il est toujours à bloc. Il a souvent montré un côté accessible, calme en conférence de presse, l’a-t-il également avec son groupe ? Il a beaucoup d’humour. Il parle plusieurs langues mais souvent, il n’a que quelques notions. Il essaye de faire des blagues qui font sourire tout le monde. Il sait détendre l’atmosphère, ce n’est pas quelqu’un de rigide. C’est quelqu’un de positif. Certains joueurs comme Lampard, Gallas ou Kanté ont pris une autre dimension à ses côtés. Comment fait-il pour tirer le meilleur de son effectif ? Avant tout, il leur prête de l’attention. Il ne laisse personne de côté. Ensuite, il est franc. Qu’on soit un jeune ou un cadre, il agit de la même manière. Il n’y a pas de question de statut. S’il a un problème, il n’attend pas qu’il y ait des tensions dans le vestiaire ou un clash, il te dit tes quatre vérités. Je pense qu’il a des méthodes simples et efficaces. En maintenant une tension au quotidien, il tire le meilleur des joueurs qu’il a sous ses ordres. Pour les jeunes joueurs, ça ne peut être que positif. Il arrive à faire en sorte que tout le monde soit derrière lui. C’était le cas à Leicester, et je pense que c’est notamment pour cette raison qu’il a remporté le titre en Angleterre. Le titre de champion d’Angleterre justement, peut-il être un déclic pour lui qui a toujours trainé une réputation de loser ? Dans la méthode, il restera toujours le même. Il ne changera rien et restera sur le même créneau. Remporter le titre en Ligue 1, ça paraît compliqué (rires). Ce serait prétentieux de penser qu’il pourrait accrocher une 5e place, d’autant que le championnat, c’est plus aléatoire. Mais pourquoi pas gagner une coupe ? C’est un homme taillé pour les Coupes. Il tire le maximum de ses joueurs et sait les motiver pour un match. Une Coupe nationale, cela me semble tout à fait possible. Il est désormais le nouvel entraîneur de Nantes. Que peut-il apporter à ce groupe ? Je suis très heureux pour les Nantais, car dans leur malheur d’avoir perdu Sergio Conceiçao, ils ont le bonheur de gagner un très grand coach. Waldemar Kita ne s’est pas trompé, il a fait un très bon choix en se tournant vers Ranieri. Je pense que ce sera dans la continuité de Conceiçao, les deux sont un peu similaires. Dans le pressing, la qualité athlétique, c’est un peu semblable. Dans la rigueur, ce sera un cran au-dessus encore. Je suis persuadé qu’il fera progresser les jeunes joueurs. Il va apporter beaucoup de fraîcheur à Nantes. S’il fallait citer ses trois principales qualités, quelles seraient-elles ? Premièrement, et sans beaucoup d’hésitation, je dirais qu’il est humble. Quand il a remporté le titre avec Leicester, il aurait pu régler ses comptes avec José Mourinho avec qui il était en froid depuis son passage à la Roma. Mais il n’a rien dit, ni rien fait de particulier. Il n’a même pas cherché à en tirer une reconnaissance particulière. Ensuite, il a un très grand sens de l’éthique. Il a des valeurs et une vraie morale qui ne le quittent jamais. Enfin, il est particulièrement exigeant. Dans son travail au quotidien, il ne lève jamais le pied. Qu’il soit dans une bonne ou une mauvaise période, il ne lève jamais le pied. Il est toujours à 100%, fixé sur ses objectifs. Si vous deviez ne garder qu’un souvenir de lui… En 2013, alors que j’étais à Ajaccio et lui sur le banc de Monaco, j’étais blessé au tendon d’Achille et donc sur la touche. Le hasard a fait que le premier match de la saison était face à l’ASM. Ça faisait trois ou quatre ans que je ne l’avais pas croisé. Il a traversé tout le terrain pour venir me saluer. Il ne s’est pas contenté d’un petit geste. Il m’a fait une accolade, il a discuté avec moi et pris des nouvelles de moi et de mon fils. Je ne pensais être que l’un parmi tant d’autres joueurs qu’il avait croisés. Pourtant, il se souvenait de moi. J’ai été surpris et ça m’a fait vraiment plaisir. Il a vraiment la classe. Quand on dit que c’est un gentleman, ce ne sont pas des paroles en l’air. Avec goal.fr
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