En Zambie, un virage législatif surprend de nombreux journalistes, à l’image de Joseph Mwenda, rédacteur en chef du journal indépendant News Diggers. Le président Hakainde Hichilema avait pourtant supprimé le délit de diffamation du chef de l’État, une mesure longtemps utilisée pour museler les voix critiques. Mais selon Joseph Mwenda, ces restrictions refont surface aujourd’hui, sous une autre forme, à travers les nouvelles lois sur la cybercriminalité.
« Qu’ont-ils fait ? Ils ont introduit la loi sur la cybersécurité, et cela crée à nouveau des problèmes. C’est une loi compliquée, qui rend notre travail très difficile, parce qu’elle donne à la police et aux forces de l’ordre le pouvoir d’effectuer des perquisitions à leur propre discrétion, y compris de venir chez vous pour fouiller, dès lors qu’ils estiment que vous pourriez détenir des informations liées à la sécurité nationale. Et parfois, même certaines critiques peuvent être interprétées comme des infractions en ligne », explique-t-il.
Officiellement, le gouvernement zambien affirme vouloir lutter contre les fraudes en ligne, les faux comptes ou encore le harcèlement numérique. Mais pour plusieurs défenseurs des médias, certaines dispositions de ces lois restent trop vagues. C’est le cas d’Austin Kayanda, directeur du Media Institute of Southern Africa en Zambie. « Quand on regarde ces nouvelles lois sur la cybersécurité, il existe même une disposition qui prévoit jusqu’à 25 ans de prison pour quelqu’un qui détient "trop d’informations". Mais que signifie exactement détenir "trop d’informations" ? Ce n’est pas défini. Au fond, n’importe qui peut devenir une cible », souligne-t-il.
Ces formulations floues poussent déjà certains journalistes à éviter les sujets sensibles. Charles Mafa, fondateur de Makanday, un centre de journalisme d’investigation indépendant en Zambie, en fait le constat. « Il y a désormais beaucoup de prudence lorsqu’il s’agit de choisir les sujets sur lesquels les journalistes peuvent travailler. Nous voyons des journalistes éviter les sujets politiques, éviter de parler des élections. Et cela a un impact, parce qu’ils ne se sentent plus libres de traiter certains sujets d’intérêt public », affirme-t-il.
Cette peur ne se limite plus aux seules rédactions. « Même des citoyens ordinaires hésitent désormais à commenter des sujets politiques en ligne. On voit des messages du type : "Je n’ai pas d’avocat." ou encore "Mon avocat est occupé, je vais finir derrière les barreaux" », ajoute Charles Mafa.
Le gouvernement zambien, quant à lui, assure que ces lois sont nécessaires pour sécuriser l’espace numérique. Mais dans un pays où une grande partie du journalisme indépendant se fait désormais en ligne, plusieurs rédactions redoutent d’être directement visées par ces nouvelles dispositions.
« Qu’ont-ils fait ? Ils ont introduit la loi sur la cybersécurité, et cela crée à nouveau des problèmes. C’est une loi compliquée, qui rend notre travail très difficile, parce qu’elle donne à la police et aux forces de l’ordre le pouvoir d’effectuer des perquisitions à leur propre discrétion, y compris de venir chez vous pour fouiller, dès lors qu’ils estiment que vous pourriez détenir des informations liées à la sécurité nationale. Et parfois, même certaines critiques peuvent être interprétées comme des infractions en ligne », explique-t-il.
Officiellement, le gouvernement zambien affirme vouloir lutter contre les fraudes en ligne, les faux comptes ou encore le harcèlement numérique. Mais pour plusieurs défenseurs des médias, certaines dispositions de ces lois restent trop vagues. C’est le cas d’Austin Kayanda, directeur du Media Institute of Southern Africa en Zambie. « Quand on regarde ces nouvelles lois sur la cybersécurité, il existe même une disposition qui prévoit jusqu’à 25 ans de prison pour quelqu’un qui détient "trop d’informations". Mais que signifie exactement détenir "trop d’informations" ? Ce n’est pas défini. Au fond, n’importe qui peut devenir une cible », souligne-t-il.
Ces formulations floues poussent déjà certains journalistes à éviter les sujets sensibles. Charles Mafa, fondateur de Makanday, un centre de journalisme d’investigation indépendant en Zambie, en fait le constat. « Il y a désormais beaucoup de prudence lorsqu’il s’agit de choisir les sujets sur lesquels les journalistes peuvent travailler. Nous voyons des journalistes éviter les sujets politiques, éviter de parler des élections. Et cela a un impact, parce qu’ils ne se sentent plus libres de traiter certains sujets d’intérêt public », affirme-t-il.
Cette peur ne se limite plus aux seules rédactions. « Même des citoyens ordinaires hésitent désormais à commenter des sujets politiques en ligne. On voit des messages du type : "Je n’ai pas d’avocat." ou encore "Mon avocat est occupé, je vais finir derrière les barreaux" », ajoute Charles Mafa.
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