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Etats-Unis: le plan climat ou le défi d'Obama

A l'approche de la fin de son mandat, Barack Obama a fait de l'environnement l'un de ses principaux combats. Le président américain a dévoilé lundi soir la version définitive de son plan de lutte contre le réchauffement climatique.



Le président américain pendant la présentation de son plan climat, à la Maison Blanche. Washington, le 3 août 2015. REUTERS/Jonathan Ernst
Le président américain pendant la présentation de son plan climat, à la Maison Blanche. Washington, le 3 août 2015. REUTERS/Jonathan Ernst

« ll n'y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique », a martelé le président américain en présentant  la version définitive de son plan pour l'environnement. Barack Obama a été longuement applaudit lors de la présentation de son plan baptisé « Clean Power », énergie propre, en soulignant qu'il marquait une étape encore « jamais franchie » par les Etats-Unis dans le combat contre le changement climatique.

Le plan prévoit notamment, et pour la première fois, de réduire de 32 % d'ici à 2030 les émissions de carbone dans les centrales électriques par rapport au niveau de 2005. Il  transformera aussi notablement le secteur de l’électricité puisqu’il encourage les énergies renouvelables, comme le solaire ou l'éolien. Celles-ci représenteront 28 %.

« Pas de plan B »

Barack Obama a énuméré les dangers que le réchauffement climatique représente pour la santé, les enfants, l'économie du pays, mais aussi pour la planète dans son ensemble et a insisté sur le besoin d'agir tout de suite. Sans quoi, a-t-il dit, il sera trop tard. Chaque Etat doit saisir cette opportunité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Actuellement, environ 37 % de l'électricité aux Etats-Unis est produite par des centrales au charbon et aucune limite n’a été imposée jusqu’à présent. La pollution des centrales électriques est la principale source des émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis.

 

Si le plan est mis en œuvre, cela assurera des services énergétiques plus fiables. Les Etats-Unis deviendront ainsi les pionniers en la matière et entraîneront les autres pays dans l'un des plus ambitieux projet dans l'histoire de l'humanité, a conclu Obama sous les ovations du public. « Nous sommes la première génération à ressentir l'impact des changements climatiques et nous sommes la dernière à pouvoir faire quelque chose. Nous n'avons qu'une seule maison, qu'une seule planète. Il n'y a pas de plan B », a-t-il dit.

L'opposition des républicains

Dans son discours, le président Obama a en outre balayé tous les arguments avancés par les opposants à ce plan. Les factures énergétiques des particuliers n'augmenteront pas, a-t-il insisté, bien au contraire. Des emplois seront aussi créés dans le secteur des énergies renouvelables. Certains groupes industriels et des Etats, qui dépendent d'une énergie à base de charbon, ont annoncé leur intention de contester le plan « Clean Power » au Congrès. Ils accusent l'administration Obama d'être responsable d'une future hausse du prix de l'électricité.

« Bien avant que ces mesures ne soient décidées, les lobbies partisans au Congrès ont mobilisé les opposants. Ils disent que ce plan est une guerre contre le charbon ! Mais ils refusent de voir mon projet d'investir dans les régions charbonnières pour aider les mineurs et leurs familles, pour leur retraite ou leur santé... », rétorque le président américain.

Les gouverneurs réfractaires sont soutenus par de nombreux leaders républicains alors que la campagne électorale pour la présidentielle 2016 a déjà commencé. Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell, fervent opposant, a promis de « faire tout ce qu'il pourrait pour s'y opposer ». Pour John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants, ce plan est « une insulte arrogante aux Américains qui peinent à joindre les deux bouts ». Comme souvent aux Etats-Unis, le dossier se réglera devant les tribunaux. Six Etats ont déjà promis de saisir la justice, rapporte notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

La nouvelle stratégie d'Obama

A l'approche de la conférence internationale sur le climat de Paris, la Cop 21, il semblerait donc que Barack Obama ait fait de l'environnement l'une de ses priorités. Ce qui correspond tout à fait à la nouvelle stratégie du chef d'Etat face à l'hostilité du Congrès, estime Anne Deysine, spécialiste des Etats-Unis. Ayant passé la première partie de son mandat à se battre sur la réforme financière et la réforme de l’assurance santé, Obama a complètement négligé certains dossiers, puisqu’il ne pouvait pas être sur tous les fronts. Maintenant, à l’approche de la fin de son mandat, avec les autres dossiers qui lui tiennent à cœur, il essaye d’agir par la voie réglementaire, puisqu’il ne peut pas faire autrement. « Avec le réchauffement climatique, on est dans un domaine qui est très emblématique du fonctionnement des Etats-Unis : c’est la séparation des pouvoirs, des freins et contrepoids et c’est le fédéralisme. Il charge l’Agence de protection de l’environnement de saturer des objectifs qu’il a, qui sont des objectifs ambitieux », analyse Anne Deysine.


Rfi

Mardi 4 Août 2015 - 07:57