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Fonds de résilience covid -19 : Les écoles privées autorisées en voie d'être abandonnées par leur tutelle



Fonds de résilience covid -19 : Les écoles privées autorisées en voie d'être abandonnées par leur tutelle
L'impact du covid-19 sur les écoles privées est profondément ressenti . Depuis la suspension des enseignements apprentissages le 14 mars , les écoles privées vivent le martyre. Les frais de scolarité qui sont leur  principale source de revenus ne sont plus payés entraînant depuis 3 mois ,le non paiement des salaires des personnels , des charges locatives et le non respect des engagements auprès des banques et institutions de microfinance .


La mise en place du fonds de résilience covid-19 par Monsieur le Président de la République pour accompagner les secteurs impactés semblait être la solution appropriée et inespérée pour redonner vie à ce secteur si important dans le dispositif de l'éducation nationale avec ses 1.500.000 élèves.( 42%)
Dans la gestion de cette situation inédite et particulière , le ministre de l'éducation nationale a manifesté des indicateurs assez révélateurs qui attestent du peu d'importance à intégrer toutes les écoles privées ( reconnues , autorisées , détenant un récépissé de dépôt ) selon leur spécificité dans le programme de résilience .
Il est bon de rappeler que toutes ces écoles sont connues de la tutelle et ont toujours  exercé leur mission de service public.

Deux mois après la suspension des cours, le ministre sort enfin de son silence assourdissant pour communiquer dans les radios et sur les plateaux de télévision. Son leitmotiv ressassé comme une litanie qui a fini par mettre en mal les directeurs d'écoles et leurs enseignants est de dire que :" les écoles privées reçoivent annuellement une subvention de 1.290.000.000f de l'état . Il est impensable de croire que le ministre ne sait pas de quoi il parle . Alors à quelle fin de clamer continuellement de telles faussetés si l'on sait que seules les écoles reconnues sont en droit d'être subventionnées.

Interpellé sur le non paiement des frais de scolarité par les parents , le ministre dans sa réponse installe le flou et met l'intonation sur le caractère des relations privées qui lient les parents aux écoles et dit la possibilité des écoles à ester en justice si un  accord n'est  trouvé . Pourtant ,son autorité pouvait certainement aider à faire comprendre aux parents d'élèves qu'ils sont partenaires avec les écoles et qu'ils doivent honorer leur engagement en payant les arriérés des frais de scolarité. 

Dans toutes ses interventions, le ministre met l'accent et insiste insidieusement sur le fait que les écoles privées sont des entreprises qui doivent se conformer aux normes établies en étant en règle avec l' ipres,  la Caisse de sécurité sociale, les  impôts ...pour mériter l'accompagnement de l'état dans la force covid-19.

A ces conditions , la grande majorité des écoles privées sont abandonnées et laissées à elles mêmes. Il est vrai que les écoles privées doivent fonctionner comme des entreprises mais cela demande du temps et du vécu mais  une bonne information renseigne de la bonne volonté qui anime beaucoup  de déclarants à évoluer vers ce statut dont tout promoteur ambitionne.

La présentation du formulaire de la division de l'enseignement privé sur le programme de résilience du covid-19 reçu le 15 mai n'affiche que la rubrique de 2 mois de salaires au lieu de 3 mois ignorant complétement les charges locatives dont le cumul commence sérieusement à inquiéter avec des menaces d'expulsion qui s'annoncent déjà.

Voilà assez d'indicateurs révélateurs qui semblent attester que les écoles privées autorisées et détentrices de récépissé de dépôt sont en voie d'être abandonnées par leur ministre dans la prise en charge de leurs préoccupations du moment. Attendons de voir , le temps est le meilleur juge.

En cette période sensible et très particulière , l'enseignement privé attend de son ministre un accompagnement rapproché , global et adapté aux contingences. L'enseignement privé malgré les difficultés qu'il vit a toujours répondu présent et de belle manière en s'affichant fièrement au tableau d'excellence des résultats scolaires.

Monsieur le ministre, le moment n'est pas indiqué pour un tel traitement qui risque de décréter la mort ou l'agonie de nombreuses écoles privées, Soyez le commandant attendri et attentionné qu'il faut à nous autres soldats qui demandent compassion et sollicitude pour encore et toujours répondre présents pour le rayon de l'éducation nationale.

La situation dépassée, l'occasion sera belle dans une atmosphère sereine d'accompagner, de sensibiliser et d'aider à hisser les écoles privées au standard d'entreprises formelles .
                                                                               Le Militant de l’éducation 

 

Salif SAKHANOKHO

Jeudi 4 Juin 2020 - 23:21



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