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Cimetière de Soumbédioune : entre mémoire, histoire et défis de préservation



Sur la Corniche Ouest de Dakar, le cimetière « Bétoire », plus connu sous les appellations de cimetière des Abattoirs ou cimetière musulman de Soumbédioune, demeure l’un des lieux de mémoire les plus emblématiques du Sénégal.

Ouvert en 1912 grâce à la collectivité léboue et fermé aux inhumations depuis 1974 en raison de sa saturation, ce cimetière abrite les sépultures de nombreuses figures politiques, religieuses et culturelles qui ont marqué l’histoire du pays.

Ce vendredi 04 septembre 2026, à 11 heures, le calme règne au cimetière de Soumbédioune, sur la Corniche Ouest de Dakar. Derrière ses murs, les tombes anciennes s’étendent dans un espace marqué par l’histoire. Fermé aux inhumations depuis plus de cinq décennies en raison de sa saturation, le cimetière continue d’accueillir des visiteurs venus se recueillir auprès de leurs proches.

« Le cimetière a été fermé le 30 avril 1974 parce qu’il était déjà rempli. On a par la suite ouvert le grand cimetière de Yoff le 1er mai. Il fallait que l’on arrête car partout où on creuse, on tombe sur un mort », explique le gérant du site Seydina Alioune Diallo.

Malgré son ancienneté, le cimetière fait l’objet d’efforts d’entretien. Avec l’hivernage, les herbes envahissent certaines parties du site, mais des jeunes se mobilisent pour les enlever. « Ici, il n’y a que de la paix. On fait tout pour entretenir le cimetière. Aujourd’hui, par exemple, avec la saison des pluies, de l’herbe a poussé et, comme d’habitude, les jeunes se sont mobilisés et ont prêté main-forte afin d’enlever ces herbes », raconte-t-il.

Un site confronté à des problèmes de sécurité 

Mais l’entretien du site se heurte également à d’autres difficultés, notamment du côté de la façade maritime. L’érosion et la présence d’ossements rendent certaines interventions particulièrement délicates. 

« Les Marocains et les Turcs avaient commencé à construire parce que le sable tombait du côté de la mer, mais ils ont arrêté car à chaque fois qu’ils bougeaient, ils voyaient des os », poursuit le gérant.

Le cimetière de Soumbédioune a récemment fait parler de lui à la suite d’une affaire de sécurité. Dans la nuit du 24 août 2026, huit personnes avaient été interpellées à l’intérieur du site avant d’être déférées au parquet pour des faits présumés de profanation de sépultures, après plusieurs signalements de dégradations et de vols. 

Pour Seydina Alioune Diallo, ces faits ne reflètent toutefois pas la réalité quotidienne du cimetière. « Les malfaiteurs commettent leurs crimes dehors et entrent dans le cimetière pour se cacher. C’est même pour ça qu’on a augmenté la taille du mur de ce côté-là, la partie qui donne sur la mer », explique-t-il.
« Les tombes doivent être respectées » 
Mais au-delà de la sécurité, certains visiteurs dénoncent le manque de respect envers les sépultures. Venu se recueillir, Serigne Moustapha Diagne déplore la circulation à l’intérieur du site : « Les gens piétinent les tombes. Il y a une route dans le cimetière. Des voitures et des piétons y passent, traversant le cimetière. C’est inadmissible. Il y a des morts ici, de grandes personnes comme Serigne Mame Mor Mbacké, et d’autres figures religieuses sont enterrées ici. Et même Blaise Diagne est enterré à l’entrée, donc l’endroit doit être respecté », déplore-t-il.

Pour les responsables du site, la sécurité demeure ainsi une préoccupation. Si des patrouilles de police sont régulièrement effectuées et que la mairie apporte son soutien à la gestion du lieu, Seydina Alioune Diallo estime que des efforts supplémentaires pourraient contribuer à mieux protéger ce patrimoine historique. 

« La police fait son travail, presque tout le temps les policiers viennent en patrouille. La mairie aussi fait ce qu’elle peut pour la bonne gestion de cet endroit. On demande juste un peu plus d’éclairage dans le cimetière et même des caméras de surveillance si possible pour plus de sécurité », plaide le gérant.

Plus qu’un simple lieu d’inhumation, le cimetière de Soumbédioune reste ainsi un pan vivant de la mémoire collective sénégalaise. Entre préservation des tombes, entretien, sécurité et respect dû aux disparus, ses gestionnaires et visiteurs appellent à une meilleure protection de ce patrimoine chargé d’histoire. 

Hapsatou Kane (stagiaire)

Vendredi 4 Septembre 2026 - 20:29


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