Dans ce dossier à la croisée du monde international des affaires, de la géopolitique et des eaux troubles du renseignement, l'affaire Lafarge raconte la retentissante compromission d'une grande entreprise du CAC 40. Cette dernière a agi pour préserver ses intérêts économiques dans une Syrie à feu et à sang, que les autres multinationales avaient quittée.
La société, avalée depuis par l'entreprise suisse Holcim, a procédé à des paiements à trois organisations jihadistes dont le groupe État islamique (EI), à hauteur de près de 5,6 millions d'euros, a établi le tribunal correctionnel dans son jugement. Ce dernier a souligné que ce financement leur avait permis de « préparer des attentats terroristes », notamment ceux de 2015 en France.
« Cette modalité de financement des organisations terroristes, et à titre principal de l'EI, a été essentielle comme participant à la mainmise de l'organisation terroriste sur les ressources naturelles de Syrie, lui ayant permis de financer des actes terroristes sur zone et projetés à l'extérieur, notamment en Europe », a souligné la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez.
La société a établi un « véritable partenariat commercial avec l'EI », a-t-elle asséné, observant que le montant versé aux organisations jihadistes, « jamais atteint », participait à la « gravité extrême des faits ».
Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.
« On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l'usine si nous étions partis ?, a soutenu en interrogatoire Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge. On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire. »
Décortiquant échanges de mails, comptes rendus de réunions et relevés bancaires, le tribunal s'est plongé de longues semaines durant dans l'engrenage des paiements de Lafarge, via son intermédiaire syrien Firas Tlass, aux groupes État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.
Pour le Parquet national antiterroriste (Pnat), les versements aux entités classées comme « terroristes » ont atteint un montant minimal de près de 4,7 millions d'euros. Ce dernier a alors demandé des peines allant jusqu’à huit ans de prison pour les personnes physiques et l’amende maximale contre la société Lafarge.
La société, avalée depuis par l'entreprise suisse Holcim, a procédé à des paiements à trois organisations jihadistes dont le groupe État islamique (EI), à hauteur de près de 5,6 millions d'euros, a établi le tribunal correctionnel dans son jugement. Ce dernier a souligné que ce financement leur avait permis de « préparer des attentats terroristes », notamment ceux de 2015 en France.
« Cette modalité de financement des organisations terroristes, et à titre principal de l'EI, a été essentielle comme participant à la mainmise de l'organisation terroriste sur les ressources naturelles de Syrie, lui ayant permis de financer des actes terroristes sur zone et projetés à l'extérieur, notamment en Europe », a souligné la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez.
La société a établi un « véritable partenariat commercial avec l'EI », a-t-elle asséné, observant que le montant versé aux organisations jihadistes, « jamais atteint », participait à la « gravité extrême des faits ».
Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.
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