Pour l’instant, aucun cas de poliomyélite n’a été détecté chez un humain, a déclaré l’Organisation mondiale de la Santé, le virus n’ayant « à l’heure actuelle été isolé que dans l’environnement ». Mais « cette découverte est extrêmement préoccupante", a souligné le porte-parole de l’agence onusienne Christian Lindmeier. Elle était « malheureusement attendue » étant donné la situation sanitaire dans la bande de Gaza soumise à des bombardements intensifs depuis neuf mois par les forces israéliennes.
La poliomyélite est une maladie très contagieuse provoquée par un virus (le poliovirus) qui envahit le système nerveux et qui peut entraîner en quelques heures des paralysies irréversibles.
Avec un taux de 89 %, la couverture vaccinale contre la poliomyélite était « optimale » avant le début de l'offensive israélienne, grâce à des campagnes de vaccinations systématiques assurées par les agences onusiennes. Mais dix mois plus tard, la situation a radicalement changé. De dizaines de milliers d'enfants de moins de cinq ans risquent de contracter la polio et d'autres pathologies, selon Christian Lindmeier.
« La destruction du système de santé, le manque de sécurité, les obstacles pour accéder, les déplacements constants de population, la pénurie de fournitures médicales, la mauvaise qualité de l'eau et l'insuffisance de l'assainissement, énumère ce porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Tout cela fait baisser les taux de vaccination systématique et augmentent le risque de maladies évitables par la vaccination, y compris la polio. »
D'après Oxfam, Israëla détruit 70 % de toutes les pompes à eaux usées de Gaza, ainsi que la totalité des usines de traitement. Cela dans une pratique intentionnelle, selon James Elder de l’Unicef, qui dénonce également « une volonté délibérée et constante des autorités qui ont le pouvoir légal et militaire d'empêcher l'acheminement de l'aide vitale à Gaza ».
Aujourd'hui, seuls 16 des 36 hôpitaux de l'enclave palestinienne sont partiellement fonctionnels. Tout comme près de la moitié des centres de santé.
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