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Guerre au Moyen-Orient: au Nigeria et en Sierra Leone, la hausse du pétrole fait déjà grimper les prix à la pompe

Les effets de la guerre au Moyen-Orient se font déjà sentir en Afrique de l’Ouest. Alimentée par les tensions autour du détroit d’Ormuz, la flambée des prix du pétrole entraîne une hausse du carburant au Nigeria comme en Sierra Leone. Une situation qui ravive la crainte de pénuries, pousse certains automobilistes à faire des stocks et pèse déjà sur le pouvoir d’achat.



À Lagos, la capitale économique du Nigeria, certains automobilistes anticipent et se rendent dans les stations munis de leurs jerricans par peur d’une pénurie ou que les prochaines augmentations ne plombent leur budget.

Pour Elisabeth, venue faire le plein avec plusieurs bidons, l'heure est à la prudence. « Oui, de toute évidence, on nous dit encore que ce que nous avons acheté aujourd'hui, le prix auquel nous avons acheté aujourd'hui pourrait être différent du prix qui sera pratiqué peut-être demain ou même avant la fin de la semaine. Donc tout le monde est juste prudent », explique-t-elle au micro de notre correspondante à Lagos, Harmony Pondy Nyaga.

Pour l’instant, aucune cohue n’est visible dans les stations-service, contrairement à certaines crises précédentes. Mais en moins d’une semaine, le prix du litre d’essence a déjà augmenté d’environ 20 %, passant de 835 à 1 095 nairas (0,67 €), malgré le statut de pays producteur de pétrole.

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Des billets de transports qui augmentent
Au Nigeria, le prix du carburant structure largement la vie quotidienne, notamment à travers le coût des transports publics, explique Stanley, conducteur d’un bus de transport public. « J'ai peur car cela va augmenter davantage. Tant que les combats au Moyen-Orient dureront, cela augmentera davantage. Donc si le gouvernement peut nous aider, parce que j'ai pitié des passagers. À combien s'élève leur salaire ? Hé, nous prenons normalement 800 ; maintenant c'est 1 000 par trajet. 1 000 par trajet. Donc tant que ça monte, nous augmentons ».

Depuis plusieurs mois, le prix de l’essence était pourtant resté sous la barre des 1 000 nairas (environ 0,62 €), malgré la suppression des subventions publiques en mai 2023.

La raffinerie du milliardaire nigérian Aliko Dangote a assuré que le marché local serait prioritaire afin d’éviter une pénurie.

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En Sierra Leone, la hausse provoque la panique
Une flambée des prix du pétrole qui se répercute également en Sierra Leone. Dans le pays, le prix du litre d’essence est passé de 28 à 32 leones (0,0013 €), soit une hausse d’environ 15 %. Il s’agit de la deuxième augmentation depuis janvier, après une première liée à une hausse des taxes dans la loi de finances 2026.

À Freetown et dans plusieurs villes, l’annonce de cette nouvelle hausse a provoqué un vent de panique dans les stations-service. Pendant plusieurs jours, de longues files d’attente se sont formées, certains chauffeurs craignant une pénurie.

D’autres se tournent vers le marché noir, où le carburant se revend jusqu’à 35 leones le litre, bien au-dessus du prix officiel. Un chauffeur explique avoir dû acheter son essence de cette manière, faute d’en trouver dans certaines stations. Sa réaction : « la guerre avec l’Iran n’a même pas duré une semaine… et les prix ont déjà augmenté ».

Des fragilités structurelles dans le secteur pétrolier
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Pour certains experts, cette flambée révèle surtout les faiblesses structurelles du secteur pétrolier sierra-léonais. Edmond Abu, économiste au Native Consortium and Research Centre, un groupe qui plaide pour des réformes économiques et davantage d’équité, explique au micro de notre journaliste de la rédaction Afrique de RFI Christina Okello que le « marché n'est pas pleinement libéralisé ».

« En Sierra Leone, nous avons environ 330 000 tonnes de capacités de stockage de carburant, et tout appartient au secteur privé. Notre marché pétrolier n’est pas pleinement libéralisé, donc une fois que le carburant est entre leurs mains, ces compagnies peuvent contrôler l’approvisionnement ».

Selon lui, ces entreprises peuvent retenir volontairement le carburant pour le vendre plus tard à un prix plus élevé. « Dans des pays comme la Guinée, les dépôts appartiennent à l’État : les compagnies pétrolières n’ont donc pas ce niveau de contrôle. Mais ici, rien de tel. Plus la guerre se prolonge, plus les prix du carburant continueront d’augmenter. C’est dramatique pour le pouvoir d'achat ».

RFI

Mardi 10 Mars 2026 - 09:54


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