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Guerre au Moyen-Orient: l'Iran affirme avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz en raison du blocus américain

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi soir qu'il maintiendrait le blocus américain sur les ports iraniens si aucun accord de paix n'est conclu avec Téhéran, ajoutant qu'il pourrait ne pas prolonger le cessez-le-feu après son expiration mercredi. En réponse, l'Iran a affirmé samedi 18 avril avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz en raison du blocus américain.



Guerre au Moyen-Orient: l'Iran affirme avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz en raison du blocus américain
Ce qu'il faut retenir
► Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi soir qu'il maintiendrait le blocus américain sur les ports iraniens si aucun accord de paix n'est conclu avec Téhéran, ajoutant qu'il pourrait ne pas prolonger le cessez-le-feu après son expiration mercredi.
 
► En réponse, l'Iran a annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit d'Ormuz en réaction à la poursuite du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime essentielle pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
 
► Donald Trump a affirmé que l'uranium enrichi stocké par l'Iran serait « rapporté aux États-Unis », peu après que Téhéran a déclaré qu'il ne serait « transféré nulle part ».
 
► Annoncé dans la journée du jeudi 16 avril par le président américain, un cessez-le-feu est entré en vigueur au Liban à 21h TU le soir même, après une nouvelle journée de violents échanges entre l'armée israélienne et le Hezbollah, qui ont duré jusqu'à la dernière minute. L'armée libanaise a toutefois déclaré vendredi matin qu'Israël avait violé le cessez-le-feu, notamment en bombardant de manière intermittente plusieurs villages du Sud-Liban.
 
il y a 29 minutes
L'Iran affirme avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz en raison du blocus américain
L'Iran a annoncé samedi reprendre « le strict contrôle » du détroit d'Ormuz en réaction à la poursuite du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime essentielle pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
 
L'Iran avait « accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux » mais les Américains, violant leur engagement, « continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus », a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes Khatam Al-Anbiya dans un communiqué relayé par la télévision d'État.
 
« Pour cette raison, le contrôle du détroit d'Ormuz est revenu à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict » de l'Iran, a-t-il ajouté.
 
La Turquie accuse Israël de vouloir «occuper plus de territoires»
Le chef de la diplomatie turque a accusé samedi Israël d'utiliser la guerre au Moyen-Orient comme un prétexte pour « occuper plus de territoires ». « Israël ne cherche pas à assurer sa propre sécurité. Israël veut plus de territoires. La sécurité est utilisée par le gouvernement Netanyahu comme un prétexte pour occuper plus de territoires », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan lors d'un forum diplomatique à Antalya, dans le sud de la Turquie.
 
Guerre en Iran: hausse de 4 à 5% des prix en rayon à venir, selon l'UFC Que Choisir
Le directeur de l'Observatoire de la consommation à l'UFC Que Choisir estime à 4 à 5 % la hausse des prix en rayon dans les mois à venir, à la suite de la guerre en Iran. Les industriels et la grande distribution signent un accord au 1er mars qui fixe les prix sur toute l'année, mais « il y a quand même des clauses de révision obligatoires », a souligné Grégory Caret sur RMC. Si le prix de l'énergie et des engrais flambe, « on doit rouvrir les négociations et ça doit être répercuté dans les prix », explique-t-il. À court terme, les premiers touchés seront « les produits qui ont le taux de rotation les plus rapides, c'est-à-dire ceux qui ont des dates de péremption courtes : les produits laitiers, les produits frais, les yaourts, etc », a estimé le directeur de l'Observatoire de la consommation.
 
Le géant laitier français Lactalis (marques Président, Lactel, Galbani) a ainsi annoncé jeudi qu'il allait devoir « répercuter » l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses prix de vente aux consommateurs, tout en cherchant à le « minimiser en fonction des catégories » de produits.
 
Viendront ensuite les autres rayons : « tout ce qui est aussi hygiène, beauté, parce qu'il y a beaucoup d'hydrocarbures dans ces produits, des emballages, et même dans la fabrication de ces produits », indique Grégory Caret qui assure cependant que la hausse « ne sera pas du même ordre de grandeur » que celle connue à la suite de la guerre en Ukraine en 2022-2023, c'est-à-dire « 20-25 % de hausse en un peu plus d'un an ».
 
Concernant la hausse du carburant, très forte depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février mais qui s'est quelque peu modérée ces derniers jours, avec l'annonce d'un cessez-le-feu puis de la réouverture du détroit d'Ormuz, il prévient que les Français seront amenés à faire « des arbitrages » et devront « renoncer à consommer pour privilégier l'essentiel : le transport, l'énergie de chauffage, l'alimentaire ».
 
Réouverture d'une partie de l'espace aérien iranien
L'espace aérien de l'Iran a été partiellement rouvert samedi matin et les vols internationaux sont à nouveau autorisés à survoler l'est du pays, a annoncé l'organisation de l'Aviation civile, citée par l'agence de presse Tasnim. « Les couloirs aériens de l'est du pays sont ouverts aux vols internationaux » et plusieurs aéroports ont rouvert à 03h30 TU, a précisé l'agence, citant un message destiné aux pilotes d'avions du monde entier, sur fond de cessez-le-feu dans la guerre au Moyen-Orient.
 
Selon le site de suivi des appareils FlightRadar24, peu avant 07h00 TU, aucun appareil ne survolait encore l'Iran, qui avait fermé son espace aérien le 28 février, au début de l'offensive israélo-américaine contre son territoire.
 
Des responsables pakistanais ont terminé une tournée pour favoriser la paix au Moyen-Orient
Le chef de l'armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Le maréchal Asim Munir, chef d'état-major de l'armée, a conclu une visite de trois jours en Iran où il a rencontré de hauts responsables. Ces discussions montrent « la volonté inébranlable du Pakistan à faciliter une solution négociée (...) et à promouvoir la paix et la stabilité », selon un communiqué de l'armée. Des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent. Le maréchal Munir s'est notamment entretenu avec le président iranien Massoud Pezechkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l'influent président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
 
De son côté, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé samedi avoir bouclé une tournée diplomatique dans trois pays, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, dans le cadre des efforts pour mettre fin à la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
 
Détroit d'Ormuz: le bras de fer continue et la République islamique compte se faire entendre
L'Iran déverrouille le détroit d'Ormuz. Le président du Parlement iranien a rappelé hier que la réouverture de ce point de passage clé du trafic maritime mondial était possible à une condition : le déblocage des ports iraniens par l'armée américaine. Sauf que cette nuit, Donald Trump a affirmé que le blocus allait se poursuivre tant qu'un accord de paix ne serait pas signé entre les deux parties.
 
Depuis hier, les déclarations des responsables iraniens, à la fois politiques et militaires, se multiplient pour démentir les affirmations de Donald Trump, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a dirigé la délégation iranienne lors des négociations avec la partie américaine, a affirmé que « ce n'est pas un tweet qui définissait le régime du détroit d'Ormuz, ce sont les gens sur le terrain ».
 
Les conditions de l'Iran sont très claires : d'une part, chaque navire qui veut passer le détroit doit obtenir l'autorisation des Gardiens de la Révolution. Il doit ensuite emprunter obligatoirement les itinéraires définis par ces mêmes Gardiens, c'est-à-dire des itinéraires qui passent près des côtes iraniennes - une manière pour l'Iran de bien montrer qui contrôle ce détroit. Sans parler de la question de la taxe que les navires doivent payer : quelque 2 millions de dollars pour la traversée.
 
Donald Trump assure également que les États-Unis et l'Iran sont proches d'un accord, sauf qu'on le voit avec le détroit d'Ormuz, certains points coincent toujours. C'est aussi le cas du stock d'uranium enrichi de l'Iran. Les responsables iraniens ont réaffirmé qu'il n'était pas question de renoncer à l'enrichissement d'uranium. L'Iran va donc continuer son programme d'enrichissement d'uranium.
 
Pas question non plus d'envoyer à l'étranger les stocks d'uranium enrichi de Téhéran, notamment les 400 kgs enrichis à 60 %. Téhéran propose en revanche de diluer en Iran ses 400 kgs à moins de 5 %. Une proposition qui avait été déjà faite avant même le début de la guerre.

Au premier jour de la trêve vendredi, des milliers de voitures ont pris la route du sud du Liban. Les déplacés des villes et villages qui avaient fui les ordres d'évacuation de l'armée israélienne retournent chez eux malgré les appels des autorités à ne pas le faire compte tenu du danger. À Beyrouth, les habitants du sud et de la banlieue sud reviennent également massivement chez eux, au moins pour constater les dégâts. Les habitants ont découvert des paysages dévastés par les combats et les bombardements.
 
«Très probablement qu'il n'y a jamais eu de mines dans le détroit d'Ormuz», estime Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain français, auteur du site d'information «Subir»
L'Iran a annoncé la réouverture du détroit d'Ormuz aux navires commerciaux pendant la durée du cessez-le-feu avec les États-Unis. Cette nouvelle est intervenue au moment où la France et le Royaume-Uni lançaient à Paris une initiative pour sécuriser le détroit. Il s'agirait d'envoyer, une fois le conflit terminé, une mission internationale, neutre, notamment afin de déminer si nécessaire. Donald Trump a d'ailleurs affirmé que l'Iran retirait toutes ses mines marines du détroit avec l'appui des États-Unis, sans toutefois donner plus de détails. Mais y-a-t-il vraiment des mines dans le détroit ? Réponse de Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain français, auteur du site d'information « Subir », interrogé par Murielle Paradon.
 
Quel bilan d'étape après 7 semaines de guerre ?
Il y a sept semaines exactement, les États-Unis et Israël attaquaient l'Iran. Cette guerre s'est rapidement étendue dans la région. Mais en quelques heures ce vendredi, la situation a radicalement changé au Moyen-Orient avec l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu au Liban et l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz. Quant aux bombardements américains et israéliens sur l'Iran, ils avaient déjà pris fin avec le cessez-le-feu du 8 avril.
 
S'il faut rester prudent avant de parler de la fin de cette guerre, quel paysage se dessine dans la région après ces évènements inédits ? Attaquée avec toute la puissance des armées américaine et israélienne, la République islamique d'Iran ne s'est pas effondrée. Elle crie victoire mais doit désormais faire face à une détresse économique sans précédent et rien ne dit que le régime a regagné en légitimité auprès de sa population, bâillonnée par la répression.
 
Pour les pays arabes du Golfe, cette guerre a montré que leur alliance avec Washington avait ses limites. Les missiles et drones iraniens se sont abattus sur les pétromonarchies, furieuses de constater que Donald Trump les écoutait peu et préférant suivre la ligne du Premier ministre israélien Netanyahu.
 
En Israël justement, on inscrit cette guerre dans la continuité de celles menées après le 7-Octobre 2023 avec la volonté israélienne assumée de redessiner le visage du Moyen-Orient par la force.
 
Cela dit les armes se sont tues ces derniers jours et l'on dit croire à la négociation entre l'Iran et les États-Unis et entre Israël et le Liban. Mais à quel dialogue et à quels résultats faut-il s'attendre après le déchaînement de violence que le Moyen-Orient vient de connaître ?
 
 
De gauche à droite : le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et la Première ministre italienne Giorgia Meloni arrivent à l'Élysée pour une conférence sur l'initiative relative à la navigation maritime dans le détroit d'Ormuz, à Paris, le vendredi 17 avril 2026. © Jeanne Accorsini / AP
 
Alors que les Iraniens annonçaient la réouverture du détroit d'Ormuz, une quarantaine de pays était réunie, vendredi 17 avril, pour discuter de l'avenir de ce couloir maritime, dont le blocus a de fortes répercussions sur l'économie mondiale. Au centre des discussions, à l'initiative de la France et du Royaume-Uni : la sécurisation de la zone, afin d'accompagner les navires marchands qui naviguent dans le Golfe.
 
Donald Trump dit que le blocus des ports iraniens va continuer si un accord n'est pas conclu
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi soir qu'il maintiendra le blocus américain sur les ports iraniens si aucun accord de paix n'est conclu avec Téhéran, ajoutant qu'il pourrait ne pas prolonger le cessez-le-feu après son expiration mercredi.
 
« Je ne le prolongerai peut-être pas, mais le blocus continuera », a déclaré Donald Trump aux journalistes à bord d'Air Force One.
 

RFI

Samedi 18 Avril 2026 - 10:59


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