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Guyane: un policier "sérieusement blessé" en marge d'une manifestation à Cayenne



"On comprend vos revendications. Mais ce soir, ça part en live. Le commissaire est sérieusement blessé". Ces mots sont crachés dans un mégaphone par un policier depuis la porte d'entrée de la préfecture de Cayenne, en Guyane. Quelques instants plus tôt, dans la nuit de vendredi à samedi 8 avril, un policier était "blessé lourdement à la clavicule" avant de "rester inconscient au sol pendant une dizaine de minutes". Les policiers ont dû disperser la foule au gaz lacrymogène pour pouvoir évacuer leur collègue, selon Laurent Lenoble, directeur de cabinet du préfet de Guyane.

Aussitôt, Matthias Fekl a "condamné avec la plus grande fermeté les violences commises contre les forces de l'ordre". En effet, plusieurs policiers, ainsi qu'un autre commissaire, ont été "légèrement blessés" après avoir été frappé. Le collectif a "pris un tournant" qui est "loin de respecter les valeurs républicaines" et il s'est discrédité", a regretté Laurent Lenoble. Le ministre de l'Intérieur a tenu à rassurer sur l'état de santé de la victime, qui "n'inspire plus d'inquiétude".

D'après un membre du collectif "Pou La Gwiyann dékolé" ("Pour que la Guyane décolle"), qui organisait depuis le milieu d'après-midi un rassemblement devant la préfecture, pour exiger la prise en compte de ses revendications, les "500 frères contre la délinquance", un groupe dont les membres encagoulés encadrent les manifestations, "avaient fait un cordon devant les policiers". "Mais la foule a réussi à porter des coups". L'ambiance était devenue électrique, alors qu'une délégation ayant rendez-vous avec le préfet avait longuement patienté, avant d'être éconduite.

"C'est de la faute de la France"
"C'est du foutage de gueule. Il ne faudra pas pleurer après cela. C'est de la faute de la France", avait déclaré peu avant les incidents Mikaël Mancée, un porte-parole des "500 frères", tandis que les esprits s'échauffaient. "On a compris qu'ils avaient l'intention d'investir la préfecture", comme le collectif a occupé dans la nuit de mardi à mercredi 5 avril le centre spatial, à Kourou, a justifié Laurent Lenoble, pour qui les policiers n'ont commis "aucune provocation".

"Nous venons chercher la discussion, et on nous amène les lacrymos", a de son côté vitupéré Dimitri Guard. Et ce cadre du collectif de s'interroger : "Devant la préfecture, il y a beaucoup d'enfants. On ne peut déjà pas leur proposer d'éducation en Guyane. Est-ce qu'en plus il faut les gazer ?"

"Si on lève les barrages, la plupart des gens retourneront travailler"
La Guyane connaît depuis deux semaines un mouvement social sur fond de revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives. Alors que le Conseil des ministres a validé mercredi 5 avril une aide d'urgence de plus d'un milliard d'euros à destination de ce département d'Outre-mer, "Pou La Gwiyann dékolé" réclame 2,1 milliards supplémentaires. "On ne peut pas aller au-delà et on n'ira pas au-delà", a répondu Laurent Lenoble. De nouvelles demandes devront être faites au prochain gouvernement, "qui aura cinq ans pour travailler", a-t-il remarqué.

Le mouvement semblait être entré dans une phase de division, certains appelant au démantèlement des barrages érigés sur le territoire, alors que d'autres veulent aller "jusqu'au bout". Jeudi 6 avril, le collectif avait annoncé qu'il maintenait le dispositif. "Si on lève les barrages, la plupart des gens retourneront travailler. Et c'en sera fini du mouvement", avait commenté un membre du collectif. La maire de Cayenne Marie-Laure Phinera-Horth (PS), a appelé à "arrêter la crise". Une "grève générale illimitée" a été décrétée le 25 mars en Guyane. L'activité économique est au point mort depuis plus de deux semaines.

rtl.fr

Samedi 8 Avril 2017 - 15:53


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