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Haut-Karabakh: une «trêve humanitaire» à peine décrétée et déjà contestée

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont annoncé une « trêve humanitaire » à partir de samedi minuit. Mais peu après son entrée en vigueur, Erevan et Bakou se sont accusées mutuellement de l'avoir brisée.



Haut-Karabakh: une «trêve humanitaire» à peine décrétée et déjà contestée
« La République d'Arménie et la République d'Azerbaïdjan sont convenues d'une trêve humanitaire à partir du 18 octobre à 00h00 heure locale », a déclaré samedi le ministère arménien des Affaires étrangères, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères confirmant dans une déclaration identique.
 
Mais selon le ministère arménien de la Défense, il n’aura fallu que quelques heures pour que des tirs d’artillerie azerbaïdjanais s’abattent à nouveau sur la ligne de front, rapporte notre envoyé spécial à Tbilissi, Régis Genté. Selon une porte-parole dudit ministère, ces tirs se sont produits entre 0h04 et 2h45 dans le nord de la « ligne de contact » et entre 2h20 et 2h45 sur sa partie sud. Des informations à prendre encore avec prudence, d'autant que ce dimanche matin, l'Azerbaïdjan a accusé à son tour l'Arménie d'avoir brisé la trêve. « Les forces arméniennes ont violé grossièrement un autre accord », a déclaré le ministre de la Défense azerbaïdjanais, qui a évoqué des tirs d'artillerie, de mortiers et des attaques le long de la ligne de front. Des versions opposées qui soulignent la tension qui règne autour de la province sécessionniste.
 
Ce cessez-le-feu était le fruit de plusieurs jours de médiation des pays co-présidents du groupe de Minsk, de l’OSCE, que sont la France, les États-Unis et la Russie après trois semaines de combats au Haut-Karabakh. Une activité diplomatique intense qui a permis de publier un texte commun, identique, qui s’inscrit dans la ligne de la déclaration de Moscou du samedi 10 octobre, il y a une semaine, qui avait fait suite à une prise de parole du président russe Vladimir Poutine.
 
Mais ce premier cessez-le-feu n’avait jamais été respecté. Au point que la Croix-Rouge n’a pas pu remplir sa mission qui consiste à récupérer sur le terrain les corps des combattants morts et à procéder à l’échange des prisonniers.
 
Samedi soir, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'était entretenu au téléphone avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais et avait pourtant insisté sur « la nécessité d'un respect strict » du cessez-le-feu conclu samedi dernier à Moscou, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
 
Le président français Emmanuel Macron avait de son côté « salué » samedi soir cette trêve humanitaire dans un communiqué. « Ce cessez-le-feu doit être inconditionnel et strictement respecté par les deux parties. La France y sera très attentive et restera engagée pour que les hostilités cessent durablement et que des discussions crédibles puissent rapidement s'engager », avait ajouté la présidence française.
 
Des centaines de morts
 
L'Azerbaïdjan a obtenu des gains territoriaux ces trois dernières semaines sans pour autant remporter de bataille décisive. Bakou n'a pas jusqu'ici révélé le coût du conflit, ne publiant aucun bilan militaire, matériel ou humain.
 
Les séparatistes affirment avoir tué des milliers d'hommes, reconnaissent avoir dû reculer mais assurent « contrôler la situation ». Officiellement, ils ont perdu environ 700 hommes, et la moitié des 140 000 habitants ont été déplacés.
 
Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan. L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, est elle dans une alliance militaire avec la Russie.

RFI

Dimanche 18 Octobre 2020 - 09:15



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