Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)


PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)



Inflexion dans la stratégie du gouvernement pour lutter contre le Covid-19: «Bien, mais peut mieux faire», selon des médecins

Les nouvelles orientations de riposte annoncées par le ministère de la Santé et de l’Action sociale en collaboration avec le Comité national de Gestion de l’Epidémie (Cnge), « ne sont pas mal », selon des médecins comme Dr Ismaïla Ndour. Ce dernier en particulier demande l’installation de centres de traitement et de dépistage au niveau régional tout en exigeant de tout malade de faire le test Covid.



Après deux mois d’évolution, et au moment où le Sénégal a franchi la barre des 1000 cas, le ministère de la Santé et le Comité national de gestion de l’épidémie ont procédé à une évaluation de leurs stratégies de riposte au covid-19 au terme de laquelle ils ont annoncé non pas des changements de stratégies en tant que telles mais une inflexion de celles en vigueur jusque-là. Des orientations qui, entre autres, portent sur la prise en charge extra-hospitalière des cas asymptomatiques et des formes bénignes, la décentralisation de l’offre de prise en charge des éventuels cas graves dans les régions et sur l’ensemble du territoire en pôles ou zones de polarisation, la prise en compte de l’approche communautaire dans la lutte et la riposte par l’implication effective des acteurs communautaires classiques. Lesquels « maîtrisent parfaitement les arcanes de l’activité communautaire de riposte du point de vue épidémiologique », selon Dr Mamadou Mansour Diouf.

A l’en croire, les autorités sanitaires se sont finalement rendues compte qu’au rythme où vont les choses, le système hospitalier va être saturé très rapidement ». Selon ce spécialiste de la santé, le comité de gestion de l’épidémie a ainsi affiché sa lucidité surtout sur le point relatif à l’hospitalisation des cas bénins « nous avons toujours réclamé d’arrêter d’hospitaliser ces formes bénignes », se félicite ce médecin pour qui cette option de vouloir hospitaliser tous les cas ne se justifie pas. Il souligne aussi que la stratégie portant sur l’offre décentralisée de prise en charge des formes graves doit s’accompagner d’une mise en place effective des outils d’aide au diagnostic tels que les laboratoires et l’imagerie médicale avec aussi une disponibilité des examens biologiques et du scanner indispensables à la prise en charge correcte des patients.

Des changements stratégiques qui semblent donc tenir compte des recommandations faites par ce dernier et son collègue médecin Dr Boubacar Signaté de SOS médecin qui n’ont cessé de se faire entendre dès que les cas ont commencé à se multiplier. « Ces changements de stratégie, c’est une très bonne chose », a renchéri le médecin généraliste Dr ismaïla ndour qui pense comme Dr Diouf. Lui, il propose de ne prendre en charge dans les hôpitaux que les cas graves tandis que les hôtels devraient servir de suivi des cas asymptomatique, faire la mise en quarantaine à domicile avec l’aide des forces de l’ordre. « Ce serait une façon de désengorger un peu pour que les places pour Covid-19 soient réservées aux cas éligibles. L’autre avantage c’est que y aura une continuité de la prise en charge des autres malades parce que, avec cette pandémie, des malades chroniques refusent d’aller à l’hôpital de peur d’attraper le virus. et cela risque de décompenser chez ces malades », indique-t-il.

Dr Ismaïla Ndour plaide aussi pour l’installation de centres de dépistage au niveau régional qui pourraient obliger tout malade à faire le dépistage avant de se rendre à l’hôpital. « Leur stratégie d’appels sur numéro vert et le 15-15 n’est pas efficace. Et puis si quelqu’un présente des symptômes et qu’il appelle sur ces numéros et ne trouve pas répondeur, il pourrait tranquillement se rendre à l’hôpital, être en face d’un personnel pas bien équipé qui va être contaminé. Pour éviter tout ça, il faut exiger à tout malade de faire le test au niveau d’un centre de dépistage instauré dans chaque région ». Avec cette proposition, Dr Ndour estime inopportune l’idée d’un dépistage massif. « On n’est pas arrivé à un niveau où la transmission communautaire est très importante. le taux de dépistage par rapport à la positivité est extrêmement faible » a-til dit.
Il propose le dépistage ciblé qui selon lui permettra d’agir doublement, et surtout la continuité de la prise en charge des autres maladies. Pour cela, il faut rendre beaucoup plus accessible le dépistage au besoin en instituant la décentralisation. Car, et comme il le dit, la gestion de l’épidémie est trop centralisée, or la meilleure solution c’est de libéraliser. Allez faire entendre cela à des autorités qui veulent tout centraliser !

Le Témoin

AYOBA FAYE

Mardi 5 Mai 2020 - 10:17


div id="taboola-below-article-thumbnails">

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter