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Italie: élections législatives sur fond de tensions xénophobes

Ce week-end, les Italiens vont voter pour élire leurs députés et sénateurs. Des élections très incertaines, avec une campagne marquée par une série de violences xénophobes et de tensions avec l'extrême droite ces dernières semaines, notamment à Macerata où le 3 février un ancien candidat local de la Ligue du nord a blessé par balle six Africains après la mort d’une jeune fille attribuée à des migrants. Des incidents ont eu lieu dans d’autres villes comme Brescia dans le nord de l’Italie où s’est rendu RFI.



Italie: élections législatives sur fond de tensions xénophobes
Brescia, cité industrielle, ville d’immigration et fervente catholique, a connu plusieurs incidents pendant la campagne. L'incendie de la librairie du centre social magazzino 47, celui de plusieurs voitures dans un camp rom, et l'attaque des casettes, ces préfabriqués occupés avec l’accord de la mairie par des gens expulsés de leur logement.

Situés dans une zone industrielle, les préfabriqués verts décolorés sont tous conçus sur le même modèle: un grand couloir et de part et d’autre des chambres. Antonio Tropeano, 60 ans, raconte. « J’ai entendu qu’on ouvrait la porte brutalement et ils ont fait rouler un énorme pétard, là ça a fait un trou et ça a fait tomber le néon. C’est vraiment terrible parce qu’ici il y a une femme avec un enfant, et une autre femme âgée qui tremblait de peur, j’ai mis deux heures à la calmer. J’espère qu’on va découvrir qui a fait ça. Ces gens savent qu’il y a ici des femmes, des familles, des personnes malades. Ils ont voulu nous intimider… Je ne sais pas… Mais il faudra comprendre. »

«On est tranquille, on est intégrés»

Comme la soixantaine de personnes qui vivent là, cet ancien chauffeur de poids lourds a été victime de la crise économique mondiale qui a aussi frappé la région en 2008. Antonio prépare un café. A ses côtés, un résident béninois, Sunny Tchoua qui vit en Italie depuis 15 ans, a lui aussi perdu son travail et son logement. Les violences, les discours anti-immigration de la campagne ne lui font pas peur. « On est tranquille, on est intégrés, on n’a pas de problème. Le problème de l’Italie ne fait pas peur à un immigré. Non ! Ce sont les hommes politiques qui occasionnent ces problèmes avec l’immigration. Avant, à Brescia quand ils n’avaient pas encore compris, c’était un peu dur. L’intégration était une peu forcée, mais aujourd’hui, que ce soit la population autochtone ou immigrée, il n’y a pas de doutes, on va de l’avant. »

A l’approche des élections, c’est plutôt le retour sur la scène politique de Silvio Berlusconi, un raciste selon lui, qui inquiète Sunny Tchoua. Antonio, lui, votera, ne veut pas dire pour qui, mais ça ne sera pas pour Berlusconi.

Un jeune sur deux pense aller voter

Le militant associatif Alessandro Casella, 27 ans, n'attend, lui, rien des élections. « C’est une des campagnes électorales les plus vides, sans l’ombre d’un programme, qu’on ait vu ces dernières années. Depuis mes 18 ans, j’ai toujours voté mais ces derniers temps, j’ai été très déçu par la classe politique. Et là maintenant, je ne me sens représenté par aucun des partis en lice, donc je pense que je n’irai pas voter, ou si j’y vais je me déciderai vraiment au dernier moment. »

Les sondages indiquent que seul un jeune sur deux pense aller voter. L’abstention pourrait atteindre les 30% dimanche. Comme beaucoup de militants qui s'occupent des lieux visés par les attaques, Alessandro fait partie de l’équipe de Radio Onda d’Urto, une radio associative diffusée dans toute la région. Michele Borra est permanent à la radio, pour lui ces incidents ne reflètent pas la réalité de Brescia. « Après ce qui s’est passé on a reçu beaucoup de gestes de soutien, ce qui nous a convaincus une fois de plus que Brescia n’est pas du tout une ville raciste aux mains des fascistes. Ça c’est que ces gens voudraient  ou voudraient faire croire. C’est une ville très industrielle qui connaît depuis des dizaines d’années une immigration venue du monde entier. Sur de nombreux aspects, c’est un modèle d’intégration, et bien sûr, à ces gens-là ça ne leur convient pas, d’où ces actes de violence. »

Michele confirme malgré toute la poussée des mouvements néofascistes à travers le pays, avec des élus locaux et des candidats à ces élections nationales. La présidente de la chambre des députés, Laura Boldrini, a récemment lancé un appel à leur dissolution.

rfi.fr

Vendredi 2 Mars 2018 - 19:38



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